Le législatif ne pouvant plus légiférer sur grand-chose de ce qui fait le quotidien des Français, il a trouvé, depuis deux décennies, un nouveau terrain de jeu : la mémoire et l’Histoire. Il est vrai que l’idée est venue du Président. Est-ce l’effet d’un mimétisme américanophile qui le ferait rêver d’un Memorial Day à la française ? En tout cas, il a fait part de son désir de transformer le 11-Novembre en journée de « tous les morts pour la France ».
Le 24 janvier 2012, le Sénat a donc adopté un projet de loi dont l’objectif est, selon Marcel-Pierre Cléach, sénateur UMP de la Sarthe, de « rassembler dans un même hommage tous les morts pour la France, quelle que soit la localisation du conflit ou la génération du feu concernée ». Quant à la gauche, à l’exception du groupe communiste, elle s’est ralliée à un improbable « principe de non-discrimination des morts pour la France permettant d’intégrer ces soldats ayant perdu la vie en opérations extérieures ».

Je ne veux pas savoir si c’est par électoralisme ou parce qu’il était sous le coup d’une émotion sincère que Nicolas Sarkozy a voulu rendre hommage à nos soldats tués dans un combat douteux en Afghanistan. Je ne veux pas savoir si c’est au nom d’un vieux tropisme pacifiste en vertu duquel tous les morts de toutes les guerres se valent, au bout du compte, que la gauche a approuvé ce texte.

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