S’il a raison de se plaindre, Jean-Luc Mélenchon le fait mal. Dans sa colère contre la justice et les journalistes, il risque de s’aliéner les deux seuls pouvoirs qui ne tolèrent pas de contre-pouvoirs, et ainsi de se rendre inaudible.


On a dit longtemps du FN : il pose de bonnes questions et donne de mauvaises réponses. Avant de s’employer avec force à discréditer les questions et ceux qui les posaient. On pourrait affirmer la même chose de Jean-Luc Mélenchon. Il pose, sur les juges et les journalistes, des questions très pertinentes. Mais entre outrance et violence, il offre un alibi en or à tous ceux qui veulent surtout ne pas entendre ces questions parce qu’ils entendent soustraire ces deux puissantes corporations à toute contestation. On connaît la chanson : critiquer les médias ou la justice c’est attaquer la démocratie. Pratique. Mais le résultat, c’est que juges et journalistes apparaissent aujourd’hui comme les seuls pouvoirs qui, alliés les uns aux autres, ne tolèrent pas de contre-pouvoirs.

Achille Mélenchon

En un demi-siècle de combat politique, Jean-Luc Mélenchon a prononcé des discours mémorables et galvanisants qui faisaient de lui un digne successeur de son maître François Mitterrand. Dans ses bons jours, sa verve tricolore fait presque oublier son chavisme délirant et sa mauvaise foi

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