Kiosque parisien, novembre 2005. SIPA. 00520108_000004

Si un sale type vous frappe et que vous vous vengez en lui infligeant, à votre tour, une bonne baffe, vous n’agissez pas en bon chrétien, c’est sûr. Mais à rigoureusement parler, vous ne vous en prenez pas à lui.

Vilipender, railler, attaquer, invectiver, critiquer, dénoncer, condamner, désapprouver, blâmer, éreinter, répliquer, répondre, riposter, etc. Autant de verbes qui tendent à disparaître, comme absorbés en un seul, en l’occurrence une locution verbale : s’en prendre à.

Oh, elle n’est pas neuve, elle a presque 900 ans (sauf que l’on disait au départ « se prendre à »).

Mais elle se signale, dans le parler médiatique, par deux contextes d’utilisation contestables.

1. L’emploi impropre

Il n’est pas possible, quand (pendant la primaire de la gauche) Benoît Hamon répond à Manuel Valls qui a critiqué le principe du revenu universel, de titrer :

Lorsque le même Benoît Hamon rétorque aux identitaires qui l’ont surnommé Bilal que ce sobriquet moqueur est pour lui une source de fierté, il est maladroit de titrer :

 

« S’en prendre à » a toujours exprimé la position de l’attaque. Or, dans les deux cas, il s’agit bien plutôt de répondre à une attaque. On pourrait même noter que…

Lisez la suite de l’article sur le blog d’Ingrid Riocreux.

 

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