Il paraît que les Belges n’y comprennent rien : le pays qui, le premier en Europe, a décidé de ne plus lier son identité à une religion, le pays de la Révolution et de la « séparation »… se montre réticent à un progrès aussi naturel que celui consistant à détacher la filiation du couple hétérosexuel – donc à découpler hétérosexualité et reproduction. Comment un tel obscurantisme est-il possible ? Et beaucoup de scruter encore une fois les gènes suspects de la « fille aînée de l’Église ». Pourtant, difficile de ne voir dans les « refusants » que la résurgence d’un vieux fond catho. Contrairement à ce qu’il en est au sujet de la contraception ou de l’avortement, sujets sur lesquels les positions catholiques officielles trouvent peu d’écho, voire pas du tout, y compris chez les croyants, cette fois le milieu catho est en résonance avec un refus plus large.
« Qu’est-ce que ça peut bien vous faire ?» L’argument ressassé par les rédacteurs et promoteurs de la loi qui devrait être adoptée définitivement courant avril est qu’on n’enlève rien  aux couples hétéros en accordant les mêmes droits à ceux que les discriminations traditionnelles laissaient en marge. Cet argument serait convaincant si seuls les couples – c’est-à-dire les adultes – étaient concernés. Mais l’ouverture de l’adoption à l’intérieur des couples homosexuels et, bientôt, l’accès des lesbiennes à la PMA (qui sera la prochaine étape), emportent de tout autres conséquences.

*Photo : K_rho.

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