« La violence, c’est beau » a-t-on pu entendre sur le plateau de Frédéric Taddeï vendredi soir. Ce cri du cœur fut poussé par l’humoriste citoyen Christophe Alévêque après la diffusion des images rappelant les violents affrontements qui ont opposé, au début du mois de mars, les forces de l’ordre aux salariés de l’usine Goodyear à Rueil-Malmaison.
Les jets de bouteilles, les gaz lacrymogènes, les pneus brulés et les multiples assauts contre les CRS, visiblement pas préparés à être victimes d’une telle brutalité, ont suscité l’admiration du comique. Chapeau bas donc devant l’esthétisme de cette violence sociale dont la légitimité n’est pas à remettre en question. Cette violence sociale justifiée par la série noire des fermetures d’usines et l’avalanche révoltante de plans sociaux, cette violence rouge, ouvrière, syndicaliste ne scandalise personne, ne provoque aucune indignation morale et aucun amalgame polémique avec un quelconque  « isme » diabolique.
En revanche, lorsqu’il s’agit d’évoquer l’occupation pacifique et sereine des manifestants contre le mariage pour tous qui campent et agitent des drapeaux en chantant La Marseillaise et en dansant sur de la techno, le ton d’Alévêque change brutalement, le discours aussi. A-t-on vu des manifestants vêtus de leurs sweats bleus et roses allumer des incendies, arracher les bancs et les grilles entourant les platanes, déterrer et lancer des pavés, dresser des barricades, casser des vitrines, brûler des voitures ? Absolument pas mais c’est tout comme. Y a-t-il eu 16 CRS blessés au cours des ces manifs ? Pas franchement mais c’est tout comme.
L’allergie de Christophe Alévêque à la Manif Pour tous est telle qu’en lieu et place de commentaire ou de gag, il ne fait qu’agiter le spectre du 6 février 34. La violence de gauche sera toujours fondée et graciée. Alors qu’à droite, ou plutôt ailleurs que dans la gauche officielle,  lorsque le ras l’bol éclate, il sera toujours démonisé. L’amnistie sociétale n’est pas près de voir le jour !

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