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À la “French Pride”, on se tient bien

Cyril Bennasar à la manif de Génération Identitaire

À la “French Pride”, on se tient bien
Paris, 20 février 2021

J’ai bien failli ne pas aller à la manif organisée à Paris pour Génération Identitaire, association menacée de dissolution.


Un samedi après-midi, avec une femme au travail et un gosse sur les bras, ce n’était pas gagné. Ce n’était pas l’envie qui me manquait de marcher jusqu’à Denfert pour les soutenir dans leur dénonciation de l’islamisation et leur défense de la civilisation française, mais j’étais coincé. Charles Martel, lui, n’avait pas ce genre d’empêchement.

J’ai suggéré à sa mère que peut-être, je pourrais emmener le petit, en promettant de rester loin des bagarres et des lacrymos. « Je suis quand même père de famille bon sang, je ne fais pas n’importe quoi ! Enfin mon amour ! » Mais le mot doux servi pour l’occasion ne trompa personne et le « non » fut catégorique.

Mon tee-shirt Keep America great introuvable

Elle craignait des heurts avec des contre-manifestants annoncés. Je lui explique que pour briser des vitrines innocentes et lyncher des flics entravés par la non-violence de leurs consignes, il y a toujours du monde, mais que face à de jeunes esprits sains dans des corps sains, il risque de n’y avoir personne. Comme Arthur Koestler l’écrivait à propos des Arabes, « ils font d’excellents émeutiers mais de piètres combattants. » Heureusement, la baby-sitter est libre. Elle se pointe à 14h. Je cherche partout mon tee-shirt « Président Trump 2020 Keep America great » sans pouvoir mettre la main dessus. J’enrage. Pour une fois que j’aurais pu échanger des regards complices avec des Trumpistes, dans Paris intra-muros ! Tant pis, j’enfile une chemise, j’attrape mon masque bleu-blanc-rouge et j’y vais.

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À Denfert-Rochereau, la police cerne la place. Le lion de Belfort lance vers les cités de Vanves et de Malakoff ce regard farouche qu’il a gardé de la toute première occupation, celle de 1870. Aujourd’hui, les occupants ont changé de visage et les Versaillais qui les accueillent aussi, mais la détermination du fauve à opposer une résistance semble intacte. Cet après-midi, il n’est pas seul: 3000 personnes selon les organisateurs et 1500 selon la police sont rassemblées autour de sa statue. Debout sur le socle du félin de bronze, j’aperçois une belle fille noire coiffée d’un bonnet phrygien. À ses côtés un type qui ressemble à Manu Dibango agite un drapeau de Génération Identitaire. Jean Messiha leur rendra hommage dans son discours en citant De Gaulle s’adressant à des Noirs et des Arabes : « Mon Dieu que vous êtes français ! » Il est vrai qu’avec le courage qu’il faut pour s’afficher identitaire, ils ont un peu plus de mérite que ceux qui héritent. Le soir, je ne les reverrai pas sur les images que diffuse la télé. En revanche les aryens aux cheveux courts seront sur tous les plans. Des dessins sont brandis, des figures de poilus qui défendaient les frontières. Les affiches demandent: « Vous les auriez dissous » ? Il y a pas mal de jolies filles, en jupe et en sécurité, et aussi quelques rares mines patibulaires, qui se tiennent en retrait. Ils me rappellent les skinheads qui nous agressaient il y a 30 ans, à dix contre un, quand on sortait du Gibus, parce qu’on avait ce qui manquait à ces bourrins, comme aux bandes de racailles aujourd’hui: du style et des filles. 

Pas déplorables

Je fais un tour, j’avance facilement, la foule n’est pas très compacte. J’observe un petit groupe de jeunes gens d’une vingtaine d’années, coiffés de casquettes rouges « Trump 2020 ». Ils sont assez beaux, plus que la moyenne des jeunes que je croise d’habitude, peut-être parce qu’ils ne sont pas fringués comme une équipe de basketteurs américains. Ici, il n’y a pas de capuches, pas de dreadlocks, pas de joggings bariolés, pas de jeunes à canettes, débraillés et défoncés, rien de ce qui a fait dire à Bret Easton Ellis que « le look de Black lives matter est déplorable ». Il n’y a pas non plus de techno dans la sono ou de tamtam sur un char. On n’est pas chez les Indigènes de la République mais chez les indigènes de France et la « j’m’en bats les couilles attitude » n’est pas de mise. À la French Pride, on se tient bien. Une vieille dame déambule avec un masque sur lequel elle a écrit au feutre: « Génération identitaire ». On fait attention à elle, on s’écarte pour la laisser passer. On sent un usage ancien de la civilité et les vertus de l’éducation. Deux jeunes militants se retrouvent: « ça va, Gro ? » Gro n’étant pas l’inverse de maigre mais le diminutif de « négro », une expression venue des cités et répandue chez les jeunes. On n’échappe pas à l’argot de sa génération, même identitaire, mais quand on s’interpelle entre blancs, on ne se dit pas « frère !» On n’est pas raciste.

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Entre les pattes du lion, les cadres du mouvement lancent des slogans repris aussitôt. « On est chez nous » ou « Darmanin dans les cités ». Puis viennent les discours. Florian Philippot, qui trouve Marine trop molle, Jean-Frédéric Poisson qui dénonce la société multiculturelle avec la précision qu’on lui connaît. Personne sur place du Rassemblement National mais des messages de soutien sont lus, envoyés par Stéphane Ravier et Thierry Mariani. Un discours d’Emilie, jeune militante parisienne, puis de Thaïs d’Escuffon, très applaudie sur son engagement. Elle porte une de ces jolies robes que les filles à l’ère de la diversité mettent pour sortir quand il fait beau et surtout quand elles sont accompagnées de gentlemen sportifs. Enfin, c’est Jean Messiha qui prend le micro et qui casse la baraque. On l’applaudit, on scande à plusieurs reprises: « Messiha président ! ». Manifestement, on l’aime bien malgré sa « tête de bougnoule » et son « air de chameau » comme dirait Yassine Belattar. 

Mais après la fin de la manif et la dispersion dans le calme, sans les pillages et les saccages auquel le vandale de troisième génération nous a habitués après d’autres rassemblements, en allumant ma télé sur Cnews, pour trois débatteurs sur quatre qui soutiennent la dissolution de « cette milice raciste et antisémite », les racistes dans ce pays, ce sont les jeunes gens de Génération Identitaire. Mais où ont-ils vu ça ? À la télé ? Comment dit-on déjà ? Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ? On pourrait ajouter qu’il n’y a pas plus malhonnête aujourd’hui que celui qui ne veut pas faire le jeu du Rassemblement National.

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Cyril Bennasar, anarcho-réactionnaire, est menuisier. Il est également écrivain. Son dernier livre est sorti en février 2021 : "L'arnaque antiraciste expliquée à ma soeur, réponse à Rokhaya Diallo" aux Éditions Mordicus.

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