Accueil Culture La gauche, c’était mieux avant

La gauche, c’était mieux avant

Marco Koskas publie Groupuscule (Galligrasud, 2026)


La gauche, c’était mieux avant
L'écrivain franco-israélien Marco Koskas. DR.

Groupuscule, de Marco Koskas, retrace la vie heureuse et mouvementée d’une bande de copains dans les années 1970. Un groupe de gentils gauchos comme on n’en fait plus.  


Marco Koskas nous avait habitués à son tropisme israélien, voilà qu’il en s’éloigne et revient en France sur les pas d’une jeunesse romancée des années 70. Un peu hippie et un peu anar, un peu mao-spontex et un peu guévariste, fumeur de chichon le samedi soir et souvent squatteur, tel est le personnage principal de l’histoire, un groupuscule de la banlieue ouest de Paris,

Dans ce groupuscule, on fait aussi du cinéma quand on a de la pellicule, ou quand on est inspiré. Mais comme dans le gauchisme de l’époque, où chacun apportait son trauma personnel, le film sans queue ni tête qu’ils fabriquent va devenir un manifeste de la culture underground et diviser les rêveurs et les opportunistes. 

Entretemps, mille histoires d’amour éclosent de page en page, comme devaient s’épanouir mille roses dans la Chine de Mao.

A lire aussi: Un langage de diplomate

Guytou aime Inès qui lui préfère à la fois Jean-Mi et Ben Loulou, lequel raffole de Sophie qui opte d’abord pour Portas puis pour Paco. Jalousie bannie, ils passent outre les chagrins d’amour car ils ne veulent former qu’un être collectif. La liberté sexuelle qui court dans ce roman déclencherait les foudres de MeToo aujourd’hui. Mais chez Koskas elle n’est que tendresse, innocence et bonheur de vivre. 

Dans ce récit drôle et rondement mené, le plus surprenant est l’aspect documentaire inattendu. L’auteur nous montre sans avoir l’air d’y toucher, ce que fut cette extrême gauche-là, loin des horreurs de la mélenchonie actuelle. Ce livre nous raconte une époque joyeuse où les organisations gauchistes étaient peuplées de militants juifs, ashkenazes en majorité qui n’oubliaient pas leur humour. Preuve en est la blague qui courait alors : À La ligue Communiste, on ne parlait pas yiddish parce que Bensaïd, sépharade n’aurait pas compris. Comme tout cela est loin ! Pour ce beau roman, Marco Koskas devrait recevoir le prix de la consolation… 

Groupuscule, Marco Koskas, Éditions Galligrasud, 2026. 212 pages

GROUPUSCULE

Price: ---

0 used & new available from




Article précédent Socialisme façon Trump

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Pour laisser un commentaire sur un article, nous vous invitons à créer un compte Disqus ci-dessous (bouton S'identifier) ou à vous connecter avec votre compte existant.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération