Emmanuel Macron en meeting à Lyon, février 2017. SIPA. AP22010465_000025

S’il tient vraiment à démentir les sondages qui le donnent gagnant contre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron peut abattre une carte maîtresse.

Reprendre à son compte les propos de l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, qui abonde dans son sens, et affirme dans Le Figaro qu’il n’y a pas de culture française, que la culture en France n’est pas nationale, qu’elle est seulement un mélange d’apports étrangers et de particularismes locaux.

L’argumentation d’Aillagon repose sur un sophisme tout bête, le faux dilemme, selon lequel de deux choses l’une : ou bien une culture est nationale, si elle est figée et fermée aux apports extérieurs, ou bien elle est en devenir et ouverte aux apports extérieurs, et dans ce dernier cas, elle n’est pas nationale. Elle est un mélange, et elle n’est qu’un mélange.

Si l’on abat tous les murs…

Cette conception caricaturale de l‘idée d’identité ne s’applique en réalité ni aux individus, ni aux cultures, ni aux nations.

La déconstruction de l’idée d’identité culturelle conduit l’auteur de l’article à conclure sur ces mots prophétiques: « Pour l’avenir du monde, il faut savoir ouvrir des fenêtres, et non ériger des murs ».

On frémit en imaginant ce que Marine Le Pen pourrait lui rétorquer si Emmanuel Macron persévérait dans cette thèse qu’il a lui-même énoncée, et reprenait à son compte l’article de l’ancien ministre de la Culture.

Elle pourrait lui faire remarquer que Lully et Ionesco, cités comme des étrangers par Aillagon, ont été et se sont voulus des Français d’origine étrangère : qu’ils font pleinement partie de la culture française ; et qu’il n’est pas question de les défranciser.

Elle pourrait même ajouter à l’adresse de ces déconstructionnistes que si l’on abat tous les murs, il sera inutile d’ouvrir les fenêtres.