On le sait, Emmanuel Macron sait s’entourer. D’obscurs soutiens mais aussi de bons camarades. Avant de quitter le gouvernement, l’homme qui nous « aime » a su placer aux postes clés des énarques de sa promotion : Gaspard Gantzer conseiller médias ou Thomas Andrieu à la justice. La promotion Sédar Senghor (2004) de l’ENA, comparée pour sa précocité à son auguste héritière Voltaire (1980), est donc peut-être la mieux placée pour parler de lui. Et, à l’écouter, il n’a pas beaucoup changé : « Emmanuel s’entendait avec tout le monde, se souvient un « camarade » qui ne peut pas se dire son « ami ». Il était suffisamment sympathique pour être apprécié de la plupart tout en étant suffisamment distant pour ne pas être associé à un groupe particulier. Exactement comme aujourd’hui : c’était un individualiste sympathique. Solitaire mais solidaire. »

« Il va un peu dans le sens du vent »

« Macron n’est jamais le meilleur copain de quelqu’un, c’est toujours le bon copain de tout le monde », ajoute un autre qui l’imagine moins en prophète charismatique qu’en petite locomotive : « Je ne pense pas que des mecs comme Gantzer obéissent à Macron. Il a su capter l’intérêt du prince, voilà tout, et quand vous avez une connaissance qui a la chance de bien fonctionner, vous vous accrochez au wagon. » On respecte « l’homme » pour sa constance – « d’autres ont abandonné leur copine de fac pour se marier entre énarques » – et on le pense « redoutable ». Mais au fond, même après l’avoir côtoyé deux ans, on ne le connaît pas vraiment : « Il est solaire, brillant mais n’a pas de vision, il avance au fur et à mesure et sédimente des opinions, il va un peu dans le sens du vent. »

Intrigué, un diplômé de la même année avait tenté d’en savoir plus. « J’ai organisé un dîner et lui ai demandé s’il voulait faire de la politique. Il m’a dit que non. Je lui ai demandé s’il était de gauche, je n’ai pas vraiment eu de réponse… » Resté sur sa faim,