emmanuel macron ecole

Nous connaissons depuis hier matin le programme d’Emmanuel Macron sur les questions éducatives. Ou plutôt les grandes orientations. Parce qu’on ne peut décemment soutenir que les mesures éparses qu’il a citées relèvent d’un programme ni ne s’inscrivent dans une vision d’ensemble. On les dirait tout juste destinées à satisfaire une curiosité journalistique.

Des mesures qui existent déjà

Le candidat illusionniste de la gauche et du centre, celui qui fut ministre de François Hollande et collègue de Najat Vallaud-Belkacem, qui assista sans mot dire à la réforme des rythmes scolaires, à la suppression du latin et des classes bilangues et au déclassement des humanités, celui qui est responsable du bilan désastreux de ce quinquennat en matière éducative, affirme aujourd’hui qu’il faudrait revenir sur toutes les réformes dudit quinquennat. Que ne l’a-t-il pas dit plus tôt ! Pourquoi s’est-il tu quand il était au gouvernement ? Comment faire confiance à quelqu’un qui a approuvé par le passé des réformes qu’il dénonce aujourd’hui ? Et puis, quel aveu cruel pour toute la gauche qui se murait jusqu’à présent dans une arrogance qui la conduisait – avec toute la mauvaise foi qu’on lui connaît – à refuser le réel et à ne pas admettre l’échec patent du quinquennat Hollande en matière éducative !

Mais la lucidité d’Emmanuel Macron s’arrête là puisque le candidat d’En marche se borne à proposer des mesures qui existent déjà dans le code de l’Éducation mais ne sont tout simplement pas appliquées. Ainsi en est-il de l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables dans l’enceinte des écoles primaires et des collèges. À force de vouloir à tout prix être en marche, le candidat-héritier oublie de se poser et de regarder ce qui existe déjà dans la législation. Il est vrai qu’il essaie tant bien que mal de bricoler un programme qui a toujours peine à voir le jour… S’il avait un peu plus réfléchi, il aurait consulté l’article L511-5 du code de l’Éducation dans lequel on peut lire noir sur blanc : « Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l’utilisation durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d’un téléphone mobile est interdite ». Un dispositif issu de la loi du 12 juillet 2010, adoptée sous un gouvernement alors dirigé par un certain François Fillon…

Un président-proviseur?!

Le problème, comme toujours en France, c’est que ce texte n’est pas suffisamment appliqué, faute de sanctions prévues. On mesure la force du droit à son effectivité dans la vie réelle, c’est-à-dire à sa capacité d’être traduit en fait et respecté de tous. En France, on multiplie les règles sans apporter un soin particulier à leur application concrète. Le résultat, c’est un État délégitimé dans sa prétention à incarner l’autorité et incapable de faire respecter l’ordre public. Nous n’avons pas besoin de nouvelles lois en tous sens, il suffit simplement d’appliquer celles qui existent déjà, d’autant qu’elles relèvent du simple bon sens ! Est-ce du ressort du Président de la République d’interdire l’usage des téléphones portables dans les enceintes scolaires ? Ne serait-ce pas plutôt la mission d’un chef d’établissement ? Emmanuel Macron semble ignorer le principe de subsidiarité selon lequel il est nuisible de confier à l’échelon supérieur ce qui peut être décidé à l’échelon inférieur. Arrêtons de penser que l’État doit administrer l’Éducation nationale depuis la rue de Grenelle ! Cette idée très jacobine fait d’Emmanuel Macron un digne héritier de François Hollande et de la gauche socialiste. L’État doit fixer un cadre, il est le garant du respect de la liberté éducative et de l’apprentissage des savoirs fondamentaux ; il n’est pas le gérant effectif de tous les établissements scolaires.

Quelles sont les autres mesures du candidat-marcheur ? Des professeurs mieux payés en ZEP – 3 000€ de primes nets par an -, une division par deux du nombre d’élèves par classes en CP-CE1 ou encore la création de 4 000 à 5 000 postes. Des mesures qui sortent tout droit de la bouche du Père Noël ! Qui peut être contre la création de postes ou la division du nombre d’élèves par classes ? Personne, bien sûr ! Mais, il n’explique nulle part comment il entend financer une telle mesure. Or, c’est bien là tout le problème, surtout quand on propose, par ailleurs, de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires ! À multiplier les promesses inconsistantes et les mesures coûteuses, Emmanuel Macron pourrait bientôt se mesurer à Benoît Hamon, expert en la matière ! Seule proposition de bon sens : la réforme du baccalauréat par l’introduction du contrôle continu pour certaines matières. Une réforme qui figure d’ailleurs au programme de François Fillon depuis juin 2015…

Puisqu’Emmanuel Macron semble vouloir copier – en le dénaturant – le programme éducatif de François Fillon, je lui conseillerais de couper court avec la repentance mémorielle et d’exiger des manuels scolaires qu’ils fassent une part plus grande à la vérité historique, à la trame chronologique et au récit national. Un état d’esprit qu’ignore pour l’instant Emmanuel Macron qui préfère qualifier la colonisation de crime contre l’humanité !

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est conseillère régionale LR Auvergne-Rhône-Alpes.est conseillère régionale LR Auvergne-Rhône-Alpes.