L’Etat n’a jamais été très à l’aise pour élaborer et conduire une politique du logement. Voulant répondre à la demande sans trop pénaliser l’offre, il a utilisé alternativement, parfois en même temps, l’incitation et la contrainte. La politique portée par l’ex-ministre du Logement, Cécile Duflot, a échoué et a commencé à être effacée à la fin du mandat de François Hollande. Que veut faire le président Macron dans ce domaine ? C’est clair dans les intentions, moins dans les moyens, les modalités et le calendrier.

Le chantier est à l’arrêt

Les intentions ont été annoncées dans le programme présidentiel et rappelées en septembre dans le cadre de l’opération : « ouverture d’un chantier par jour, effet d’annonce ». Il s’agit de revenir là encore à une politique visant à développer l’offre, donc le nombre de logements construits, en faisant notamment pression pour accroître le volume et les terrains à construire, en accélérant les procédures et singulièrement celle devant conduire à la délivrance du permis de construire, en limitant les délais d’appel. On ne peut qu’approuver ces intentions. Sauf que, depuis, il ne se passe rien. Le chantier est à l’arrêt.

On vient d’apprendre qu’il y aurait une nouvelle flambée des prix – pas à Paris où le mouvement de hausse s’essouffle -, un accroissement des inégalités et « en même temps » une baisse des loyers dans certaines grandes villes. Sans que l’on sache précisément si cette baisse des loyers résulte de « l’encadrement » (blocage « soft » ?) prévu par la loi Duflot, des annonces successives relatives aux APL ou à d’autres facteurs. Les tribunaux administratifs ont en première instance annulé les arrêtés d’encadrement des loyers à Paris et à Lille. L’Etat n’a pas fait appel pour Paris, envisageait de le faire pour Lille, semble y avoir renoncé bien qu’aucun communiqué ne l’ait pour le moment confirmé.

J’habite en France

Demandez des précisions au ministre en charge du logement si vous le connaissez (sinon directement au président comme pour tout le reste), au rapporteur du budget logement à l’Assemblée nationale (il est pour, sans savoir pourquoi), au rapporteur de ce budget au Sénat qui n’est pas systématiquement hostile, mais qui aimerait comprendre. Personne n’est parfait.

J’allais oublier un point important. Le Premier ministre s’exprimant sur la politique d’immigration, et plus précisément les conditions de vie de présumés réfugiés dans certains centres, a promis la construction, au cours du quinquennat, de logements permettant de loger dignement des immigrés, et notamment les demandeurs d’asile. Evidemment sans que l’on puisse prévoir le nombre de ces nouveaux venus au cours des quatre prochaines années. Mais il faut laisser du temps au temps, quitte à ne plus avoir le temps de faire face.

Reste la promesse la plus populaire et donc la plus difficile à tenir du candidat Macron : il n’y aura plus aucun SDF à la fin de son premier mandat. Qui oserait s’opposer ?

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