Le Parquet national antiterroriste alerte: 35 détenus pour terrorisme islamiste sortiront de prison en 2026, portant à 339 le nombre de libérations depuis 2021, avec une proportion de profils violents qui devrait dépasser 50%, a averti son chef Olivier Christen dans Le Monde[1]. L’exemple de Brahim Bahrir, qui a attaqué des gendarmes à l’Arc de Triomphe seulement six semaines après sa libération malgré une surveillance étroite, illustre brutalement le risque immédiat de récidive. Que faire ?
D’après le Parquet national antiterroriste (PNAT), pas moins de 35 terroristes islamistes sortiront de prison en 2026. Qui s’ajouteront aux 46 libérés en 2025, parmi lesquels Brahim Bahrir, qui a attaqué des gendarmes au couteau à l’Arc de triomphe vendredi dernier. Il avait été condamné en 2013 pour un attentat tout à fait similaire à Bruxelles.
Epineuse question
Depuis sa création en 2019, le PNAT a instruit 101 procès d’assises. 340 détenus ont été libérés. Et ils seront de plus en plus nombreux et dangereux dans les années qui viennent (la vague des condamnés de 2015 arrive…). En prime, en Syrie, nous avons abandonné les Kurdes qui gardaient emprisonnés des milliers de djihadistes et que les soldats d’Ahmed Al-Charrah, le nouveau président, ont laissé filer. Potentiellement des centaines de terroristes islamistes se baladent donc dans la nature.
Cette question des sortants de prison est particulièrement épineuse. Pas d’anomalie ni de laxisme ici. Ils ont purgé leur peine. Tous sont soumis à un contrôle judiciaire et administratif. Le PNAT fait du sur-mesure. Concrètement, ça consiste à pointer à la gendarmerie. Ça n’empêche pas de recommencer. Le PNAT communique pour montrer qu’il n’y a pas de trou dans la raquette. Le problème, c’est la raquette. Ces sortants ont recouvré le droit fondamental d’aller et venir. Donc la possibilité de récidiver.
L’illusion de la déradicalisation
Mais que faut-il faire ? C’est un sacré casse-tête. La loi a déjà été durcie. Dans le cadre de l’état de droit, on ne peut pas faire grand-chose de plus sinon renforcer le suivi, ce qui demande plus de policiers. Commençons par renoncer au bobard de la déradicalisation et aux programmes afférents. On ne sait toujours pas extirper les mauvaises idées et les pulsions meurtrières des cerveaux humains. Une proportion inconnue des sortants rêve encore de djihad et on n’y peut rien.
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Un ami me suggère que ces criminels ont pris les armes contre nous au nom d’une entité étrangère et doivent être traités comme des prisonniers de guerre. Et préconise qu’on les garde tant que la guerre n’est pas finie. C’est un peu tiré par les cheveux et ça supposerait de créer un Guantanamo en France – j’imagine déjà les palabres parlementaires.
Il y a aussi la solution à l’israélienne, c’est-à-dire l’exécution méthodique des terroristes traités en ennemis (comme les Israéliens l’ont fait pour les tueurs de Munich ou sont en train de faire pour ceux du 7-Octobre). Déradicalisation assurée. Le président Hollande a bien ordonné quelques assassinats ciblés, mais c’était en Syrie. Chez nous, nous sommes bien élevés.
Inutile de s’affoler. Le risque de tomber sur un de ces individus est statistiquement très faible. Si l’Etat ne sait pas quoi faire, on peut toujours compter sur la chance.
Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio
[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/17/terrorisme-islamiste-le-suivi-des-sortants-de-prison-au-centre-des-preoccupations-de-la-justice_6667030_3224.html




