Les militants identitaires sont diabolisés depuis des années, et en réalité bien au-delà des militants de la Jeune Garde ou des lfistes, déplore Ivan Rioufol. Après le meurtre de Quentin Deranque à Lyon, et l’interpellation de neufs suspects hier, notre chroniqueur observe déjà l’inversion accusatoire qui est en train de s’opérer.
Quentin Deranque est le symbole, tragique, de la haine institutionnelle portée à la France des oubliés, c’est-à-dire à nation historique : elle pourrait disparaître avant la fin du siècle à force d’être détestée par les déracineurs de sa mémoire et les saccageurs de son héritage. Les tueurs cagoulés de la Jeune Garde, qui se sont acharnés sur la tête de la victime à terre, ont volé la vie d’un homme comme d’autres écraseraient une vipère. Son tort était, aux yeux des assassins d’extrême gauche, d’être trop Français, trop catholique, trop cultivé, trop pacifique. Ces sicaires aux prénoms français – neuf suspects ont été interpellés hier – sont les produits terrifiants d’un endoctrinement sectaire qui a érigé en infamie l’expression d’une résistance patriotique. Être nationaliste, pour Jean-Luc Mélenchon comme pour Emmanuel Macron, est la marque d’un extrémisme à combattre. A moins que ce nationalisme ne soit palestinien. Quand la macroniste Prisca Thevenot explique hier, parlant des jeunes femmes de Némésis que Deranque protégeait, que ce mouvement « n’est pas féministe mais identitaire », la députée banalise le discours de guerre civile porté, jusqu’à l’Elysée, contre ceux qui défendent leur civilisation. Génération Identitaire a été dissoute en 2021 par Gérald Darmanin au prétexte que ce groupe incitait à la haine et à la violence contre les étrangers. Dans cette continuité manichéenne, le chef de l’Etat a promis, le 13 février à l’occasion de la commémoration de l’assassinat d’Ilian Halimi il y a 20 ans, l’inéligibilité pour les élus qui seraient condamnés pour des « actes ou des propos antisémites, racistes ou discriminatoires ». Mais derrière ces tirades se dissimule l’arsenal pour interdire les critiques du grand remplacement, de la colonisation islamique, de la préférence étrangère. Le régime, derrière ses larmes de crocodile, a tout fait pour criminaliser la défense d’une identité française. Il est le premier coupable.

La France Insoumise, alliée de la Jeune Garde et des terroristes « antifas », s’est déshonorée dans la tragédie lyonnaise. Hier, sur RTL, Éric Coquerel a pourtant déroulé le mécanisme effrayant de la pensée totalitaire, en niant des faits clairement rapportés par le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran. Mais c’est plus généralement le discours dominant, acquis à la société ouverte et à la diabolisation du « Français de souche » et du « Français de cœur », qui doit être tenu pour responsable du meurtre de Quentin Derenque, métis franco-péruvien. Dans son éditorial de ce jour, Le Monde déplore, dans le lynchage, un « geste scandaleux commis au nom d’idéaux de gauche (qui) ne doit pas faire oublier que l’extrême droite compte des partisans ouverts de la violence (…) et des ennemis acharnés de la démocratie et de la République ». Cette inversion accusatoire est plus généralement celle de la gauche, de la macronie et de ses médias : ils ne cessent d’alerter sur un « retour aux années trente » en désignant la droite souverainiste, tout en s’aveuglant sur les dérives fascistes et antisémites de leur camp. Quentin Deranque a été piétiné par des brutes qui hurlaient :« Dehors les nazis ! ». Les oubliés n’oublieront pas.




