Jean-Luc Mélenchon. Crédit photo : Philippe DESMAZES.

La recomposition du paysage politique français est en voie d’achèvement : le clivage droite-gauche se voit remplacé par le clivage mondialistes de tous poils contre nationaux de toutes obédiences, des nostalgiques de Jeanne d’Arc à ceux de Robespierre. Le premier à s’être assis sur le clivage droite-gauche est naturellement Macron : d’emblée, il a entendu rassembler les « progressistes » de gauche, de droite et du centre, tous ceux qui sont prêts à adapter le « cher et vieux pays » du général de Gaulle à la modernité libérale.

Mais on n’a pas assez relevé la métamorphose de Jean-Luc Mélenchon. Derrière son nouveau masque humaniste, le chantre de la « France insoumise » s’est livré à une délocalisation hardie : la sienne ! Fini le temps où il prétendait « fédérer la gauche ». Fini le temps où il chantait L’Internationale ! Cela l’avait conduit à une impasse, à un score faiblard en 2012, loin derrière Marine Le Pen. Désormais, il entend « rassembler le peuple ». Désormais, il n’entonne plus que La Marseillaise. Osons la formule : Mélenchon a rejoint le front national. Pas le parti fondé par Jean-Marie Le Pen, bien sûr, mais la cohorte des antimondialistes.

La reconversion des antifafs en antilibs

En 2012, Mélenchon s’était conduit comme le premier adversaire de Marine Le Pen, allant jusqu’à la défier aux élections législatives, dans le Pas-de-Calais. C’était le temps où la gauche radicale se voulait d’abord une gauche « antifaf ». Quelle différence avec 2017 ! Le leader de La France insoumise a certes demandé à ses troupes de ne pas donner une seule voix à la représentante du FN. Mais il a favorisé l’explosion du vote blanc et signifié que son adversaire principal s’appelait désormais Macron. Tout faire pour l’empêcher d’appliquer son programme : voilà désormais la mission que s’assigne Mélenchon.

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C’est sur cette base qu’il a failli être présent au second tour de la présidentielle : la reconversion des antifafs en antilibs… « Le libéralisme ne passera pas » a remplacé « le fascisme ne passera pas ». Non seulement Mélenchon a changé de partition, mais il peut espérer prendre le leadership du[access capability= »lire_inedits »] pôle populiste. Avec François Fillon, Marine Le Pen est en effet la grande battue de cette élection. Au premier tour, elle a fait un score objectivement médiocre, 21 %, loin de celui du FN aux dernières élections régionales, 28 %. Alors même que le FN était traditionnellement plus haut à la présidentielle qu’aux élections territoriales. Au second tour, elle a pâti de son comportement calamiteux lors du débat avec Macron pour finir loin de la barre des 40 % que lui pro

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Mai 2017 - #46

Article extrait du Magazine Causeur

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