Rached Ghannouchi et la direction d'Ennahda. Photo : Magharebia.

Moins de dix mois après l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, le brasier reprendrait en Tunisie. Cette fois, ce ne sont plus de pauvres hères en mal de considération sociale qui s’immoleraient mais une société tout entière, passée sans contradiction majeure de la révolte à l’affirmation identitaire. Avec plus de 40 % des suffrages, le mouvement islamiste Ennahda a remporté les premières élections libres du pays, après cinquante-cinq ans de bourrage d’urnes et de plébiscites autoproduits par l’État-parti néo-destourien. La candeur du « Printemps arabe » passée, la bise islamiste serait venue, remplaçant l’hydre autoritaire Ben Ali par le non moins diabolique Ghannouchi. L’ennui, c’est que cette belle histoire n’est que simplification et boules de gomme. Tenez, je vous livre un scoop ignoré par la majorité des médias : en neuf mois, la société tunisienne n’a pas bougé !

Cet article est issu de Causeur magazine n ° 41.

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