Comme elle est simple, l’histoire du monde vue par les yeux de Madame Miano!


Vendredi 25 septembre, Nicolas Demorand a reçu sur France Inter Léonora Miano pour son essai Afropea (Utopie post-occidentale et post-raciste) paru chez Grasset. La romancière a pu enfiler les perles sémantiques et les approximations historiques sans craindre la très molle contradiction du journaliste matinal. En filigrane nous entendons toujours le même discours : l’Occident a fauté et doit payer.

La prison mentale de Léonora Miano

Léonora Miano : « La racialisation des corps et des imaginaires n’est pas quelque chose d’amical, c’est pas pour célébrer ces populations qu’on les a appelées noires, on les a incarcérées dans quelque chose de négatif, et je ne crois pas qu’on puisse renverser le stigmate, je ne crois pas qu’on puisse faire d’une injure un marqueur identitaire sain ». Le sens de la phrase n’est pas simple à saisir mais le vocabulaire victimaire est bien présent, mot à mot : racialisation des corps, incarcérées, négatif, stigmate, injure. De même, Mme Miano demande aux noirs de sortir de « la race noire » : le mot noir renvoie à l’obscurité et aux ténèbres, à la nuit, « quelque chose qui dès le départ a été créé pour nous déshumaniser. » Nicolas Demorand semble saisir le sens profond de ce discours amphigourique. Il est, je le crains, le seul.

« Qu’est-ce que l’occidentalité, demande le journaliste qui reprend le terme à Léonora Miano, et comment tourner cette page-là ? » Réponse : « Pour moi, l’occidentalité c’est l’ensauvagement (tiens! tiens!) de l’Europe […] c’est la compétition, l’esprit de domination et de conquête. […] Cette aventure conquérante, coloniale, a corrompu le cœur de l’Europe. » 

Si l’on suit le raisonnement de Mme Miano, il faut donc croire que les conquêtes musulmanes, l’occupation arabe de tout le nord de l’Afrique, l’extension conquérante et brutale des armées omeyyades en Espagne et au sud de la France, l’empire ottoman, les guerres tribales et sanguinaires intra-africaines, etc., n’ont jamais été mus par la « compétition » ou par « l’esprit de domination et de conquête ». Mme Miano reprend la thèse que ces pays, cette religion, ces continents, et l’Afrique en particulier, n’étaient qu’amour et tolérance mais que leur « rencontre » avec la méchante Europe prédatrice les a détournés de leur bienveillance originelle. Cette thèse n’est pas nouvelle. Elle est historiquement absurde.

Statue de Colbert dégradée à Paris, juin 2020 © Thibault Camus/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22467076_000005
Statue de Colbert dégradée à Paris, juin 2020 © Thibault Camus/AP/SI

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