Les jurés norvégiens du Prix Nobel de la paix ne manquent pas d’humour : ce sont des hommes et des femmes politiques qui ont joué un rôle éminent dans la vie politique d’un pays qui a refusé par référendum à deux reprises, en 1972 et 1994, d’entrer dans l’Union européenne. Cela ne les a pas empêchés d’attribuer le prix 2012 aux institutions de Bruxelles. Tout le monde, même les plus virulents des eurosceptiques créditent, certes, la Communauté, puis l’Union européenne d’avoir contribué à préserver le vieux continent des guerres qui l’avaient déchiré au cours des derniers siècles. On doit tout de même souligner que la dissuasion nucléaire et l’OTAN l’ont bien aidé dans ce domaine.

Quel est donc le message adressé à l’Europe et au monde par ce choix ? Si l’UE était si formidable et si moralement respectable, pourquoi les descendants des farouches Vikings s’en sont-ils si résolument tenus éloignés ? S’ils aiment tellement l’Europe, les dirigeants norvégiens ont mieux à faire que d’inviter Barroso et Van Rompuy à s’habiller en pingouins pour venir recevoir leur prix à Oslo : poser à nouveau leur candidature pour adhérer à l’UE. Et, une fois cette adhésion réalisée, puiser dans les milliards de leur fonds souverain alimenté par les revenus des hydrocarbures de la Mer du Nord pour venir au secours de la Grèce, du Portugal ou de l’Espagne. Et ensuite, ils pourraient décerner le prix Nobel de la paix à la Norvège, pour avoir sauvé l’UE de l’éclatement.

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