Plus que le critique, le comédien, le musicien et le danseur, c’est l’ouvreuse qui passe sa vie dans les salles de spectacle. Laissons donc sa petite lampe éclairer notre lanterne.


Décembre passe, janvier. On se morfond devant le rideau. À la Comédie-Française, ils ont attendu trois semaines pour l’ouvrir. Enfin, l’entrouvrir. La lutte continue.

État sans oseille contre répit sans blé, la lutte est claire. Mais l’ennemi ? Tous les jours le délégué attend 16 heures pour nous faire savoir si on jouera ce soir. En mode duchesse, selon l’humeur. Moi je dis : on joue ou on joue pas. Triturer les nerfs des artistes et du public venu à pinces parce qu’il nous aime, c’est pas du jeu.

Eh oui ! le public existe. Nos camarades non syndiqués l’ont rencontré place de la République il y a quatre ans, quand Nuit debout l’emballait avec la symphonie « Du Nouveau Monde ». Beau geste que les camarades syndiqués de l’Opéra se sont rappelé à Noël. Lino tendu sur le parvis, orchestre et ballet au complet, Marseillaise et Lac des cygnes : un tabac. BBC, CNN, Rossiya 1, tous les écrans de la Terre passaient nos entrechats en boucle. Longtemps que la télé a oublié l’Opéra et, miracle !, pour une fois que la maison fait le buzz, c’est sublime. 30 cygnes en tutu sur pointes dessinent leurs volutes synchrones, fragiles, impériales. « Même si on est en grève, on a voulu offrir pour le 24 décembre un moment de grâce. » Coup de grâce, coup de génie.

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Février 2020 - Causeur #76

Article extrait du Magazine Causeur

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