Jordan Bardella est tête de liste RN aux élections européennes. Originaire de Seine-Saint-Denis, le benjamin (23 ans) des candidats répond sans ambages à toutes les grandes questions de l’heure : Macron, Salvini, banlieues, immigration. Entretien.


Daoud Boughezala. Marine Le Pen vous présente comme un jeune militant issu des banlieues arrivé à la force du poignet. En vous ayant désigné tête de liste aux dépens d’eurodéputés plus expérimentés tels que Bruno Gollnisch ou Nicolas Bay, le Rassemblement cède-t-il aux idéologies à la mode ?

Jordan Bardella. Non. Ce n’est pas une élection de personnes. Une liste est avant tout une équipe. Marine Le Pen a fait le choix un peu audacieux de confier la tête de liste à un jeune de 23 ans. Malgré mon âge, j’ai déjà une petite expérience politique puisque je suis élu au Conseil régional d’ïle-de-France en Seine-Saint-Denis, un territoire difficile dans lequel j’ai grandi. Cela a toujours été une des qualités du mouvement de donner une chance à la jeunesse. On a fait élire en 2012 la plus jeune députée Marion Maréchal, en 2014 le plus jeune sénateur David Rachline, on fera sans doute élire le plus jeune député européen. On a beaucoup de jeunes élus et de jeunes maires qui font leurs preuves. Le RN est un mouvement politique pour lequel les jeunes votent beaucoup. Selon les sondages, un tiers des jeunes voterait pour le RN aux européennes.

Il y a une cohérence dans le choix de la tête de liste, d’autant que ces élections sont un peu l’épilogue de la refondation du mouvement que Marine Le Pen a lancée en 2011. Cela nous a menés au second tour de l’élection présidentielle (2017), au changement de nom du FN, à nous ouvrir à des gens de l’extérieur (issus des Républicains comme Thierry Mariani ou de la société civile comme Hervé Juvin).

Nous avons évolué sur la question européenne parce que le contexte européen a évolué.

La refondation du RN initiée depuis 2011 a aussi été l’œuvre de Florian Philippot, dont vous étiez proche. Depuis son départ du parti, l’ancien bras droit de Marine Le Pen plafonne à 1-2% dans les sondages. Inversement, malgré vos revirements sur l’UE et l’euro, vous disputez aujourd’hui la première place à LREM. L’étiquette RN importe-t-elle donc davantage que le programme ?

Nous avons une vision pragmatique et très peu idéologique. Avant 2017, nous proposions six mois de négociations européennes suivis d’un référendum sur la sortie de l’UE parce que nous étions relativement isolés dans l’Europe de Hollande, Merkel et Renzi. Or, depuis un peu plus de deux ans, un certain nombre de nos alliés arrive au pouvoir dans leurs pays respectifs. Nous avons évolué sur la question européenne parce que le contexte européen a évolué. Hier, on n’avait pas d’autre choix que de se soumettre à la règlementation européenne, ou d’en sortir. L’arrivée au pouvoir de Salvini en Italie, du FPÖ en Autriche, l’inflexion d’Orban sur l’immigration font que demain on peut arriver au pouvoir en position de force pour réorienter la construction européenne. Tout le monde s’accorde à dire que l’UE est incapable de protéger les peuples, et organise la concurrence déloyale. Nous la remplacerons par une coopération entre les nations. La France est quand même une puissance fondatrice de la construction européenne. Je ne réduis pas l’Europe, qui reste une réalité historique, économique, civilisationnelle, et géographique, à soixante ans de construction politique. L’Europe est millénaire, c’est avant tout une civilisation. L’UE n’en est qu’une expression politique – et on veut la changer.

L’absence de frontière économique crée aussi une absence de protection pour les entreprises et les emplois français.

Plus qu’à la construction européenne en tant que tel, vous vous opposez donc à son orientation. Contrairement aux Philippot et Asselineau qui dénoncent son penchant fédéral, vous vous réjouiriez par exemple d’une Commission européenne présidée par Matteo Salvini

Il est évident qu’un commissaire européen nommé par Salvini ou par le gouvernement autrichien n’aura pas la même politique qu’un commissaire nommé par Renzi. Puisque l’Europe est une réalité historique et civilisationnelle qui a inventé les nations, faire l’Europe sans les nations, c’est faire l’Europe sans l’Europe. Il n’y a pas un mais des peuples européens, non pas une entité politique unique contrairement à ce que prétend la marche forcée fédérale que porte Emmanuel Macron. Les peuples et les nations ont parfois des intérêts divergents. Aussi, notre vision de la construction politique de l’Europe se résumera à une Europe à la carte : être capable de se mettre autour de la table lorsque nous y avons intérêt. C’est ce qui a marché par le passé avec les grades réussites comme Ariane et Airbus qu’on cite souvent. L’Union européenne actuelle de Bruxelles est en train de nous faire passer à côté de toutes les grandes  révolutions technologiques et industrielles (5G, intelligence artificielle, écologie concrète). Loin d’être synonymes de rétrécissement rétrograde, les idées qu’on défend sont des idées qui marchent et arrivent au pouvoir partout dans le monde. Toutes les grandes puissances font du patriotisme économique, protègent leur marché, sont souveraines dans leur manière de décider de leur budget, maîtrises leurs frontières et leur immigration… Nos idées gouvernent partout.

Concrètement, proposez-vous le retour aux frontières nationales ?

Absolument. Il faut remettre des portes à la maison France pour décider qui entre et qui sort de chez nous. L’espace Schengen nous avait promis la libre circulation des biens et des personnes mais on a vu que c’était aussi la libre circulation des terroristes, des armes, des trafics. L’absence de frontière en matière économique crée aussi une absence de protection pour les entreprises et les emplois français. Nous sommes favorables à la sortie de l’Espace Schengen tout en prévoyant des dispositifs simplifiés pour les travailleurs frontaliers comme les 60 000 qui passent chaque jour en la France et l’Allemagne. C’est ce qu’on a toujours fait : le mythe de la libre circulation n’a que quelques années. La frontière n’est pas un mur ou un barbelé mais une porte, un filtre, une écluse, une limite. Mais, comme le dit Salvini, la première des frontières en matière d’immigration, c’est la dissuasion.

C’est-à-dire ?

Tant qu’on continuera à avoir un système de prestations sociales extrêmement attractif pour des personnes qui viennent de l’étranger, il est évident que l’immigration se poursuivra. La réponse à la question de l’immigration doit être à la fois des frontières nationales – rétablir des postes de douane alors que Sarkozy en a fermés 6500 – et une politique de dissuasion. Il faut réserver les moyens de l’Etat et la solidarité nationale aux Français tout en raccompagnant les bateaux de migrants dans les ports de départ. C’est ce que fait Salvini.

Salvini a pointé le double discours de la classe politique européenne sur l’immigration.

Mais votre allié Salvini, ministre de l’Intérieur italien, ne partage pas forcément vos intérêts. Ainsi, il souhaiterait que la France accueille davantage de quotas de migrants…

Ce n’est pas tout fait à juste. En demandant à la France d’accueillir plus, Salvini répond à ceux qui lui donnent des leçons sur l’accueil des migrants mais qui ne veulent pas en assumer l’intégralité de la charge. Par exemple, Macron avait refusé d’accueillir l’Aquarius mais accepté de prendre les migrants si l’Aquarius accostait en Espagne. Salvini pointait donc le double discours de la classe politique européenne. Avec l’environnement, l’immigration est sans doute l’un des deux grands défis majeurs de l’Europe au XXIe siècle. D’ici 2050, la population africaine va doubler. Il faut lire le très bon livre de Stephen Smith La ruée vers l’Europe. On fait face à un continent qui est en train de devenir une bombe démographique. La population africaine est très jeune et voudra ensuite aller vers des terres plus riches qu’ils considèrent – à tort – comme un eldorado : l’Europe. La seule question à se poser est : accepte-t-on cette ruée progressive vers l’Europe qui est déjà en cours ? Cela aurait d’énormes conséquences économiques, sociales, culturelles et cultuelles. L’Italie a accueilli 700 000 migrants sur ses côtes depuis 2013. Depuis que Salvini est aux responsabilités, il a fait baisser de 95% le nombre de débarquements. Cette fermeté est aussi une forme d’humanité parce qu’il a fait baisser de moitié le nombre de morts en Méditerranée.

Pourtant, les ONG accusent Salvini d’inhumanité.

Les belles âmes qui nous donnent des leçons portent la responsabilité des morts en Méditerranée.  Ces gens font croire à des individus qui viennent parfois de très loin que notre continent est encore un eldorado, qu’ils pourront être pris en charge et s’épanouir dans des sociétés déjà touchées par le chômage, des fractures territoriales… On veut faire ce qu’a fait l’Australie depuis trois ans en envoyant ce message : « Ne venez pas, vous ne serez pas régularisés, nous ne naturaliserons pas vos enfants et nous ne prendrons pas en charge vos dépenses de santé. » Les bateaux qui viennent seront systématiquement reconduits. Des campagnes de communication dans les pays de départ l’expliqueront.

95% des déboutés ne sont pas expulsés, comme l’a confirmé le Cour des comptes.

Avant Salvini, le précédent gouvernement italien de centre-gauche avait commencé à ralentir les flux en négociant avec les autorités libyennes. De la même manière, le chèque de l’Union européenne à la Turquie, négocié par Angela Merkel, freine les départs de bateaux clandestins. Endiguer l’immigration clandestine exige donc de traiter avec des gouvernants pas toujours très fréquentables

Il faut conditionner les aides au développement à la maîtrise des flux migratoires, c’est-à-dire aider les pays à se développer à condition qu’ils empêchent les départs clandestins in situ. C’est pourquoi nous sommes favorables à ce que les demandes d’asile se fassent sur place dans les consulats et ambassades de départ. Alors qu’on nous dit que le flux d’immigration s’est tari, la France n’a jamais autant reçu de demandes d’asile qu’en 2018 : 122 000 contre 100 000 l’année précédente ! Comme l’asile a été dévoyé de sa vocation d’origine, c’est devenu une filière d’immigration à part entière. Dans les deux tiers des cas, les demandes d’asile sont rejetées car les migrants ne viennent pas de pays en guerre mais dans un but essentiellement économique. Même Macron le dit ! Et 95% des déboutés ne sont pas expulsés, comme l’a confirmé le Cour des comptes. Beaucoup de jeunes africains, une fois leur diplôme obtenu, considèrent que leur seul avenir est d’aller trouver du travail en Europe. Ce modèle est un drame pour tout le monde.

Je n’ai connu qu’une France qui fait face au chômage, à la précarité, à l’insécurité, au risque terroriste.

C’est de plus en plus des jeunes européens, comme les diplômés français, grecs ou italiens, tentés par une émigration de travail dans des contrées plus prospères.

Bien sûr. C’est un drame et un échec pour nos sociétés qui n’ont plus d’avenir. Quand on me demande pourquoi je fais de la politique, je réponds d’ailleurs que ma génération n’a jamais connu la France qui allait bien. Né en 1995, je n’ai connu qu’une France qui fait face au chômage, à la précarité, à l’insécurité, au risque terroriste. J’ai grandi dans cette France-là et je n’ai pas envie que le seul destin d’un jeune qui obtient un diplôme soit d’aller à l’étranger pour trouver un job. C’est le modèle de Macron, de la société déracinée où « y’a qu’à traverser la rue pour trouver du travail ». Je ne l’accepte pas.

C’est la première fois que les mouvements souverainistes sont aussi forts face à une Union européenne mise en échec.

D’ailleurs, quel est l’enjeu de ces élections européennes qui indiffèrent majorité de Français : porter un coup d’arrêt à Macron ?

Le président le dit lui-même : si LREM perd les européennes, la mise en place de sa politique sur l’acte 2 du quinquennat sera très compliquée. Finalement, il nous donne raison car nous avons toujours dit qu’il y avait deux échelles de lectures dans cette campagne. D’abord, l’échelon européen avec la possibilité historique d’avoir une alternance au sein des institutions européennes. C’est la première fois que les mouvements souverainistes, que j’appelle les partis du bon sens, sont aussi forts face à une Union européenne mise en échec.

Il y a une seconde échelle de lecture plus nationale : c’est la première élection depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron après les législatives. C’est donc aussi un référendum sur sa politique. Si Macron arrive en tête le 26 mai, il se sentira relégitimé et enclenchera la réforme des indemnités chômage, des retraites, poursuivra le matraquage fiscal….

Au contraire, le président a annoncé une baisse de l’impôt sur le revenu pour les dernières tranches !

S’il s’agit de baisser les impôts sur les ménages pour augmenter les impôts sur les entreprises,  il fait fausse route. Macron nous explique que les impôts vont baisser à l’heure où le prix de l’électricité va augmenter, à l’heure où le prix des cent produits les plus consommés augmentent de 5%, à l’heure où la plupart des ministres indiquent que la taxe carbone va revoir le jour au 1er janvier 2020, où le laxisme sur la sécurité et l’immigration va se poursuivre… Cela a été les deux thématiques interdites du grand débat alors qu’il s’agit de la première préoccupation des Français et des Européens d’après les études d’opinion. Et Macron nous explique que ce n’est pas un problème.

Que nenni ! Au cours de sa conférence de presse, le président a tout de même évoqué la volonté sécessionniste de l’islam politique et insisté sur la nécessité de la combattre…

Certes, mais il n’est pas journaliste ou analyste, on lui demande d’agir ! Quand Gérard Collomb a démissionné du ministère de l’Intérieur en septembre 2018,  il nous expliquait déjà qu’un certain nombre de quartiers étaient au bord de la guerre civile et qu’on vivait non plus côte à côte mais face à face. Qu’ont-ils fait depuis ? Rien. J’ai grandi à Saint-Denis, dans une cité HLM et j’ai commencé la politique à 16 ans en collant des affiches à la cité des Bosquets à Montfermeil. Le grand risque qui est en face de nous, c’est la partition de la société.

Les quartiers dans lesquels l’Etat a mis le plus d’argent sont aujourd’hui les territoires les plus criminogènes.

Comment analysez-vous la crise des banlieues qui dure depuis trente ans ?

Le problème, c’est qu’on a remis les clés  à la fois aux trafiquants, aux criminels et aux délinquants d’un côté et aux groupes politico-religieux de l’autre. Aujourd’hui, tous les deux font la loi dans les quartiers dans lesquels la police n’entre plus, les médecins ne vont plus, La Poste ne distribue plus le courrier parce que les facteurs se font systématiquement agresser… Personne n’en parle.  Je constate que les quartiers dans lesquels l’Etat a mis le plus d’argent sont aujourd’hui les territoires les plus criminogènes. On a mis 90 milliards d’euros ces quarante dernières années dans la politique de la ville… pour quels résultats ? On a considéré à tort que le problème des banlieues était économique, que c’est à cause de la pauvreté et de la précarité qu’il y a de la délinquance et du communautarisme.  Alors que le problème est davantage culturel et même cultuel.  Dans les quartiers où j’ai grandis, les Français, même parfois issus de l’immigration, ne se sentent plus chez eux ni en sécurité. Avant de pouvoir vivre ensemble, il faut pouvoir vivre en paix.

Que faire ?

Tant qu’on ne rétablit pas l’ordre dans ces quartiers, tant qu’on ne met pas hors d’état de nuire les gens qui pourrissent le quotidien des habitants des cités, rien n’est possible. Il faut commencer par les « grands frères » car, d’après les chiffres du criminologue Xavier Raufer, 5 000  chefs de clans sont identifiés par les services de renseignement.  Il faut éradiquer le fondamentalisme islamiste à la racine, alors que beaucoup d’élus locaux se compromettent avec lui. Bien souvent, les meilleurs alliés de l’islamisme dans les quartiers sont les élus locaux qui consentent des « accommodements raisonnables », décident de transiger sur la laïcité, accordent des subventions à des associations islamistes, leur prêtent des salles….

A la décharge des élus locaux,  il n’est pas évident d’engager un bras de fer avec les prêcheurs islamistes ou l’islam communautaire. Par exemple, à l’automne 2005, la rumeur d’une attaque contre une mosquée a mis le feu aux poudres après la mort de deux jeunes (Zyed et Bouna) poursuivis par la police et déclenché une vague d’émeutes urbaines.

La mort tragique de Zyed et Bouna n’a pas été le point de départ des émeutes de 2005. L’élément déclencheur a été la grenade lacrymogène qui glisse accidentellement dans une mosquée. J’ai vécu les émeutes sur place à Saint-Denis. Pour la France, 2005 a été le révélateur de l’arrivée à l’âge adulte d’une génération issue des banlieues qui ne se sent pas française et marche parfois à côté de la République, voire contre la République. Plus personne ne le nie.

On a acheté la paix sociale pendant des années avec la politique de la ville

Peut-être, mais une remise au pas des territoires perdus n’ira sans doute pas sans heurts ni émeutes urbaines…

Donc, l’Etat admet être totalement impuissant et avoir perdu le combat ? Je ne m’y résigne pas. On a acheté la paix sociale pendant des années avec la politique de la ville dont beaucoup de gens se demandent où l’argent est passé. A un moment donné, il va falloir arrêter de sortir le chéquier et prendre le problème à bras le corps. On ne peut pas accepter qu’il y ait un seul quartier où nos compatriotes ne se sentent plus chez eux ou aient peur d’y scolariser leurs enfants. Les premières victimes de cette anarchie généralisée dans les banlieues sont les populations qui y habitent. Et le meilleur service qu’on puisse rendre aux musulmans qui respectent les principes de la République et pratiquent leur religion chez eux dans leur sphère intime est de lutter contre le fondamentalisme islamiste. Il va falloir réinvestir ces quartiers, lutter contre le trafic de drogue et s’attaquer à l’islamisme. Au fond, c’est une bataille culturelle. Le fondamentalisme islamiste n’est fort dans ces territoires que parce qu’on se renie depuis des années et que l’école a enseigné la repentance. L’immigration a aussi fait baisser le niveau scolaire. Revenons aux fondamentaux : lire, écrire, compter, réinsuffler l’amour de la France à l’école, réinstaurer le service militaire…

Aucune puissance ne réussit dans la mondialisation en se reniant.

Comptez-vous vraiment apprendre le maniement des armes aux jeunes de banlieue ?

La suppression du service militaire par Chirac a été une erreur parce que c’était un vecteur  très fort de patriotisme et de cohésion nationale. Le service est aussi un moyen de repérer les gens qui s’écartent de la société, les failles dans les maîtrises de la langue, d’éventuelles carences éducatives.

Exalter le patriotisme n’est-il pas un peu incantatoire et vain ?

Aucune puissance ne réussit dans la mondialisation en se reniant. Les Américains sont fiers d’être Américains, les Russes fiers d’être russes et affichent leur héritage civilisationnel orthodoxe.  Assumons et soyons fiers d’être Français ! Quand on fait de la politique, on a un double rôle de protection et de projection. On doit répondre aux défis de la mondialisation mais aussi transmettre un flambeau aux générations suivantes. Ce flambeau, c’est une identité, une civilisation, des valeurs communes. La politique l’a oublié, devenant une affaire de technos et de bureaux. Moi, je ne me suis pas engagé pour appliquer les 3% de déficit !

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