Quand je raconte l’enfance de mes amis russes, mes amis français s’imaginent une cour vide et des pneus. Avec un peu de chance, ces pneus sont accrochés à une corde, comble du luxe. Et ils entendent, dans ce décor minimaliste, les enfants rire en cyrillique.

La scène est sobre et belle. Les Parisiens, touchés, y voient l’accomplissement de leurs lectures de jeunesse rebelle. La pauvreté n’empêche pas le bonheur, au contraire, elle le permet. La réalité, il faut l’avouer,  n’est pas très éloignée de ce rêve éveillé. Les enfants postsoviétiques tout comme leur prédécesseurs ne connaissent pas l’abondance mais n’en souffrent pas car leur imagination les transporte.

On aimerait que nos bambins surgâtés goûtent un peu de ce pain (noir) là. Et bien, réjouissons-nous ! Peut-être est-ce l’effet de la crise. Les gens n’ont plus l’argent pour se distraire autrement : lundi 13 janvier, je lis dans Le Parisien que 300 jeunes ont pris, la veille, le métro en culotte ou caleçon « pour le fun ».  À défaut de pouvoir s’amuser avec des tablettes ultra perfectionnées sans doute, et aussi parce que « le dimanche, il n’y a pas grand-chose à faire ». On leur souhaite une reprise rapide de l’économie en même temps que celle du pantalon.

Sinon, les petits russkofs ne tarderont pas à nous plaindre.

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