Rien ne va plus pour Ahmadinejad. Empêché de briguer un troisième mandant consécutif par la constitution iranienne, le président de la République islamique n’a même pas pu pistonner son gendre et protégé Mashaie, lequel s’est pris les pieds dans le tapis (persan, ça va sans dire) après le rejet de sa candidature par le Conseil des gardiens. Cette humiliation à peine avalée, voilà que l’élection du 14 juin a porté au pouvoir un réformateur qui a fait campagne en tirant à coups de missiles Zalzal sur le bilan de son prédécesseur : népotisme, corruption, croissance en berne, impact de l’isolement du pays sur son économie, etc. Décidément, dur, dur de s’appeler Ahmadinejad en juin 2013…
Pour couronner le tout, la justice iranienne vient chercher des noises à l’ami Mahmoud. Lors de sa dernière escapade à New York, à l’occasion de l’assemblée générale de l’ONU, Ahmadinejad n’a pas seulement brillé par son éloquence et son sens de la formule. Sa délégation a explosé le plafond toléré des notes de frais. Le séjour de quelques jours à l’hôtel Warwick a coûté tellement bonbon au contribuable que le président du parlement, Ali Larijani, l’ancien négociateur nucléaire devenu l’ennemi intime d’Ahmadinejad, a transmis le dossier à la justice, laquelle vient de convoquer le futur-ex président. Vous suivez toujours ?
Je vois d’ici la question – grosse comme Big Apple – que vous vous posez. Mais non, pour l’heure, aucun Edwy Plenel téhéranais ne nous a encore indiqué la nature des films achetés par pay-per-view dans la suite présidentielle.
Trêve de mauvais esprit. Au faîte de son pouvoir, le pauvre Mahmoud n’aurait jamais subi pareille avanie : il faut attendre d’être à terre pour que les chiens vous chassent en meute.
La morale de l’histoire, c’est que l’herbe verte de la transparence pousse partout sur les décombres du politique. M’enfin, on a les Cahuzac qu’on mérite !

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