Par la magie d’internet, les archives de la télévision sont accessibles à volonté. Notre grand reporter s’est offert, grâce à un abonnement modique à l’Institut national de l’audiovisuel, une orgie de « Radioscopie », « Au théâtre ce soir », ou « Sacha show ». Une cure de jouvence à côté de laquelle le petit écran actuel paraît aussi excitant que la mire.


Il n’y a pas que les jeunes qui soient scotchés devant les écrans. Les vieux aussi sont accros à leurs tablettes depuis que le site internet de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a mis en ligne des millions d’archives. Cette addiction fait même des ravages dans les couples. La virtualité nostalgique est un puissant tue-l’amour. L’INA plus forte que le Viagra ? Ses effets mettent des heures, voire des jours à s’atténuer sur l’organisme. Si bien qu’il est impossible de décrocher. Vous commencez par regarder un extrait de dix minutes et vous y passez la nuit entière. Parole de camé.

Un voyage dans le (bon) temps

Une spirale infernale qui vous entraîne d’un reportage de guerre à une pièce de théâtre, d’une retransmission sportive à « La famille Duraton », ou d’une dramatique à un « Sacha Show ». L’éventail des vices télévisuels est immense. Le plaisir toujours plus intense. Pour les drogués du PAF, l’INA propose même une offre premium : un pass illimité à 2,99 euros par mois et l’accès à un catalogue quasi infini de séries, fictions, documentaires, concerts, etc. Ce n’est plus Bry-sur-Marne (siège de l’INA), c’est Babylone-sur-Télé ! La TNT et ses 27 chaînes gratuites peuvent couper le signal. Quand on a goûté aux vapeurs de l’INA, le reste paraît aussi excitant que la mire, un soir d’hiver, dans une chambre de bonne avec vue sur la gare de Vierzon. Le poste de papa est définitivement mort. Mais on se régale avec la télé d’avant.

L’INA vous offre un voyage dans le temps de votre sofa. Avertissement, carré blanc, appel au CSA, cette machine à explorer le passé n’est pas sans risques pour les cœurs fragiles, les émotifs et les sentimentaux. Car revoir une émission de notre enfance, une actrice figée dans sa jeunesse éternelle ou un écrivain admiré procure un sentiment ambigu, l’impression de se télétransporter dans une capsule douillette en dehors des tracas du quotidien, mais également un désarroi face aux programmes actuels. Comment autant d’intelligence et de finesse ont-elles pu être balayées en une vingtaine d’années ? Faites l’expérience de l’INA pour constater que la télé fut un laboratoire d’idées, une maison de la culture ouverte à tous et un diffuseur de savoir. Cette télé qu’on nous racontait être sous surveillance politique avait plus de génie que toutes les fausses libertés d’un système soumis à la concurrence. La multiplication des canaux a contraint l’expression e

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Causeur #57 - Mai 2018

Article extrait du Magazine Causeur

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