Après maints communiqués et démentis, il semble finalement avéré que feu le président vénézuélien Hugo Chavez ne sera pas embaumé. Le ministre de l’Information et de la Communication Ernesto Villegas vient de le gazouiller sur son compte Twitter : « J’ai demandé d’écarter l’idée d’embaumer le corps du Commandant Chavez après le rapport d’une commission médicale russe. »
C’est en effet un comité ad hoc venu tout exprès de Moscou qui avait été chargé d’examiner le corps du défunt. Ses experts ont conclu qu’un embaumement nécessiterait de transférer la dépouille dans leur pays et de l’y garder pour une période de sept à huit mois. Un délai jugé apparemment excessif par les commanditaires de l’étude.
À l’heure qu’il est, ceux-ci semblent pencher pour une solution plus ordinaire, quoique pas si courante : le transfert de la dépouille au Panthéon national, où Chavez pourrait reposer auprès de son héros, le Libertador Simon Bolivar. Il était question que le gouvernement dépose mardi prochain un amendement visant à permettre cette cohabitation éternelle. Aux dernières nouvelles, cette démarche serait repoussée à une date ultérieure, un certain doute continue donc de planer.
Le futur n’étant écrit nulle part, et l’Amérique latine étant depuis deux siècles terre de pronunciamientos, révolutions et guerres civiles, je plaiderais pour ma part pour une sépulture discrète, voire anonyme.
L’exemple de la dernière demeure du cardinal de Retz plaide pour ma thèse. Mort et inhumé en 1679 en son abbaye de Saint-Denis, il n’eut droit à aucun monument funéraire, pour cause de rancune tenace de Louis XIV, qui n’avait pas oublié la Fronde et avait le bras long. Cette discrétion involontaire vaudra à la dépouille du Cardinal d’échapper à la fureur des émeutiers d’août 1793 qui jetèrent à la fosse commune les restes de la plupart des abbés de Saint-Denis et des rois de France – Louis XIV compris.

 

 

 

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