Vendredi soir, rue des Abbesses, je presse le pas pour ne pas arriver en retard à un rendez-vous galant. Slalomant entre les passants de cette rue animée, mon regard est soudain attiré par deux hommes au niveau de « La Mascotte ».

Deux gardes du corps maousses se tiennent debout devant une grosse berline et surveillent l’entrée du restaurant. Sur quelle personnalité veillent-ils ? L’Etat d’urgence ayant été levé par Macron, ces deux Pat Hibulaire ne sont pas là pour sécuriser le souper de Michou, quand même ? Je m’arrête, j’active le mode « Sherlock Holmes » et regarde la vitrine de l’établissement. Une affichette indique que François Hollande dédicaçait ici son bouquin, Les leçons du pouvoir, à 17 heures. On ne me dit jamais rien…

Le Tour de François

L’ancien président semble encore là. Ce restaurant chic est le meilleur du quartier. Il doit casser la croute au fond. « Elémentaire, mon cher Watson ».

La terrasse n’est pas pleine. La rue est curieusement indifférente. Je suis le seul à m’arrêter. Un ancien président de la République, il vous faut quoi de plus bande de bobos blasés ? Je reprends mon chemin songeur. Ces ingrats ont voté à une écrasante majorité pour Flanby Ier, lui fait le déplacement dans leur coin, et eux l’ignorent superbement. A l’inverse, j’ai lu que quand Hollande fait la tournée des Leclerc de province son bouquin à la main, un électorat qui lui était moins nettement favorable se déplace en masse pour le saluer. Un ancien président de la République, on ne le rate pas quand ça passe dans le coin. C’est un peu comme le Tour de France. Rue des Abbesses, ancien quartier populaire « gentrifié », on s’en fiche royalement.

Makek Boutih n’est pas couché

Quelques verres plus tard, je repasse devant « La Mascotte ». La rue est maintenant déserte, mais je slalome toujours. François est rentré chez lui, dommage ! Je me console en imaginant Julie Gayet lui disant d’y aller mollo avec le beurre qui accompagne les plateaux de fruits de mer. Pas grave, grâce à « On n’est pas couché », je vais me rattraper avec un autre socialiste qui essaie de ne pas se faire oublier. Malek Boutih est l’invité politique de ce temple du pluralisme, le lendemain.

Après ses habituelles blagues gênantes, notre si politiquement incorrect Laurent Ruquier annonce la venue de cet « observateur fin et malin » de la vie politique. A 53 ans, l’ancien député socialiste n’a plus aucun mandat et bosse dans le privé pour Skyrock. Il y tient un discours dissonant au sein de la gauche hors-sol volontiers Macron-gaga. Chercherait-il une place en Macronie ?

Jean-Louis Borloo est un mec sympa, mais son plan banlieue, Malek Boutih le ficherait bien à la poubelle. « Il faut savoir dire stop, depuis 30 ans la banlieue dérive totalement ». Il continue : « Ce qui se passe en banlieue n’est pas un problème d’argent. Ce n’est pas un problème social ».

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SOS Racisme, c’est fini pour Boutih. Il n’est même plus bi-national. Il affirme : « La nationalité ce n’est pas des papiers ». Amusant de regarder les têtes d’Angot et Moix quand l’idole des nouveaux réacs affirme qu’en banlieue « les gens ne vivent pas en France, dans leurs mœurs et leurs comportements ».

La gauche des « extincteurs de Lumières »

Laurent Ruquier ne savait pas qu’on pouvait être de gauche et dire tout ça ! L’animateur est au spectacle. La France Insoumise et ses accointances islamo-gauchistes vont en prendre pour leur grade. Selon Boutih, Méluche « biberonne la jeunesse à la haine ». Certains lycées du « 93 » ne sont-ils pas plein de « racailles » ? Décidément, Ruquier s’encanaille.

La gauche a été incapable de remédier aux problèmes des banlieues : crise économique, assistanat et chômage. Malek Boutih aime bien Macron, qui a reçu un « mandat économique » du peuple français pour régler ces trois points. Il veut visiblement lui laisser sa chance et met de l’eau dans son vin quand il l’évoque. Sur la laïcité, il y avait pourtant des choses à dire tant « Jupiter » nous désarçonne…

Au sein d’une gauche morale à la dérive qui va jusqu’à renvoyer dos-à-dos les « laïcards » et les islamistes, Boutih a une carte à jouer. Il reçoit le soutien de Valls. Le possible futur maire de Barcelone est trop content d’avoir trouvé un nouveau copain.

Quitte à avoir un nouveau président socialiste, je préfère encore Boutih à Hollande. Même s’il lui manque une dent ! Tous ces « extincteurs des Lumières » qui se soumettent à l’islamisation de la France sous couvert de tolérance et d’ouverture multiculti, j’y suis devenu allergique comme d’autres ont les lèvres qui gonflent quand ils mangent du homard.

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