En 1930, lorsqu’un film dépassait les bornes, on pouvait commencer par l’interdiction pure et simple et conclure par l’excommunication papale. C’était L’Âge d’or. Luis Bunuel se permettait d’y défenestrer un évêque. Aujourd’hui, c’est dans l’indifférence générale que les hommes d’Église sont filmés comme des simples d’esprit ou des pervers endimanchés.

Avec sa représentation profane de la Cène de Léonard de Vinci, Viridiana (1961) fut interdit en Espagne, en Suisse et en Italie. Si le propos de Bunuel était de montrer la difficulté à pratiquer la charité chrétienne ici-bas, les nombreux détournements publicitaires ou cinématographiques de ces vingt dernières années prétendent tout au plus à un vague racolage connoté. Il est cependant bien rare qu’ils créent le moindre émoi.

*Photo : Salo de Pasolini.

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