Accueil Monde Do you speak blabla?

Do you speak blabla?

Sorry, just in English or Italian !


Do you speak blabla?
La sportive canadienne Marie-Philip Poulin de retour à Montréal, après les JO d'Hiver en Italie, 24 février 2026 © Christopher Katsarov/AP/SIPA

Après la défaite du Canada contre les États-Unis en finale du hockey féminin aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, un incident est survenu lors du point de presse de la capitaine Marie-Philip Poulin. La scène a indigné de nombreux défenseurs de la langue française…


On se souvient du « What would Jaurès do » ? de Martine Aubry. Et, en 2014, de la lettre de Pierre Moscovici, membre de la Commission européenne, envoyée à Michel Sapin, alors ministre des Affaires et Comptes publics, entièrement rédigée en anglais. Les JO viennent de s’achever à Milan. Une anecdote vaudra mieux ici que tout discours.

Marie-Philip Poulin, native de Beauceville, au Québec, vient de subir aux JO, la pire défaite, sans doute, de sa vie, à l’issue du match de la médaille d’or au hockey féminin. Nous sommes tous peinés pour elle. Un journaliste de La Presse, Guillaume Lefrançois, s’approche d’elle, dans le corridor dédié aux rencontres avec les candidats, appelé « zone mixte » et, pensant que la question, posée dans sa langue natale, réconforterait le cœur de la joueuse, s’adresse à elle en français. Et de s’entendre répondre : « Sorry, just in English or Italian ! » Sidération, à l’entour, des journalistes québécois. Comme si, personne, au CIO, n’avait réalisé que le français existait au Canada ! Et le journaliste qui rapporte la scène de poser, lui, une question, dans le français impeccable de nos terroirs, d’ici et d’ailleurs, du genre : « Is it plus difficile too see la pression when bla bla bla... ? » Dernières informations prises, il y avait bien un interprète français sur place, ce serait la joueuse qui aurait refusé de répondre en français, et se serait ensuite excusée.

A lire aussi: JO: c’est parti mon kiki!

Ainsi va le monde dans lequel nous vivons. Le président court la planète et les salons du monde entier s’exprimant en anglais. La France et la francophonie ? Tout doit disparaître ! D’ailleurs, on est en bonne voie ! Work in progress ! Pour simple rappel : le français est la langue officielle des J.O. depuis 1896. Depuis 1972, la langue anglaise l’est aussi. Mais, précise le Comité international olympique, « quand les règles sont différentes en anglais et en français, c’est la version française qui prime. » C’est pourquoi, on s’en souvient, avec émotion, plaisir, satisfaction, tout, dans les JO de 2024 qui firent se pâmer la terre entière, à Paris et ailleurs, tout était rédigé en anglais. Je veux dire, bien sûr : « dans la langue de Shakespeare. »

Je ne rappelle pas ce qu’est l’AFRAV et les noms de toutes les associations et de tous ceux qui se battent, corps et âme, pour le français et la francophonie. Hélas, en France, ce n’est guère le cas partout ni de tous : institutions et personnalités médiatiques. Pas un de nos politiques, par exemple, qui prenne, à bras le corps, le problème que pose actuellement, concrètement, à tous les niveaux de la vie, notre langue, dans un pays en voie de balkanisation,préférant passer de plateau en plateau télé en resservant les mêmes plats du jour que leur file le voisin. Grands mots, grandes promesses et bla, bla, bla. A quand une émission de grande écoute télévisuelle consacrée, en toute connaissance de cause, à notre langue française et à la francophonie comme problème politique fondamentalpuisque « Tout, en France, est politique » ? Il y a d’autres chats à fouetter, dira-t-on ? Mais notre langue en est un, de chat ! Et quel chat ! L’unité de notre pays, ses lois, ses mœurs, la religion, la littérature, la pensée, l’école, tout dépend de notre langue française ! L’école, surtout ! Et la francophonie ! La langue française cède la place au globish. Le seul homme politique à ne pas s’y tromper est Jean-Luc Mélenchon qui, prédisant la fin du français, désire rebaptiser la langue française qui s’est répandue « à la faveur du colonialisme » en « langue créole ». Il ne lâchera pas, lui, le bout de gras.

La guerre au français

Price: ---

0 used & new available from



Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !

Article précédent Les voies du Seigneur sont impénétrables
Marie-Hélène Verdier est agrégée de Lettres classiques et a enseigné au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Poète, écrivain et chroniqueuse, elle est l'auteur de l'essai "La guerre au français" publié au Cerf.

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Pour laisser un commentaire sur un article, nous vous invitons à créer un compte Disqus ci-dessous (bouton S'identifier) ou à vous connecter avec votre compte existant.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération