Sarah, Rachida, Sophia et les autres
La campagne des municipales ne passionne pas les foules parisiennes. Les indignations, lamentos pré-enregistrés sur le danger d’une « vague brune nauséabonde » vont aller crescendo et faire grossir la vague. La présidentielle est dans tous les esprits, les temps sont difficiles. Peut-on encore manifester avec un drapeau français sans se faire stigmatiser par France Info, molester par les brigades islamo-insoumises de Sciences-Po ? A Marseille, la tête d’Amine Kessaci, l’homme le plus protégé de France, est mise à prix par la DZ Mafia. La France se libanise, se mexicanise.
A Paris, nous regretterons Anne Hidalgo : Pasionaria élégante, engagée, maire Courrèges, Ruban d’or de l’ordre du Soleil levant, Commandeur de l’ordre royal de l’Étoile polaire, voyageuse élégiaque. « L’espace politique d’une ville-monde comme Paris comble plus que toutes les ambitions de la Terre ». La comédie nous enseigne à détester nos ridicules.
Tous les sots sont périlleux

Trois candidats falots, Emmanuel Grégoire, Pierre-Yves Bournazel, Thierry Mariani se font voler la vedette par Sarah Knafo, Rachida Dati et Sophia Chikirou : une énarque (promotion Molière), une magistrate (admise sur dossier), une activiste affairée. L’ascenseur social fonctionne. Des femmes fortes qui s’affranchissent de leurs mentors, vieux mâles blancs dominants. Elles ont brisé le plafond de verbe, le sens des affaires et de la communication. Dans Paris Match, Rachida Dati – « intime » – confesse : « Pour ma fille, j’ai pensé tout arrêter ». Arrêter quoi ? Arrêter qui ?
Plus redoutable que la charge mentale, la charge de la preuve en correctionnelle, les accusations d’escroquerie aggravée et d’abus de biens sociaux (à l’encontre de Sophia Chikirou), de corruption et trafic d’influence, recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance (à l’encontre de Rachida Dati). La ministre bénéficie de soutiens insoupçonnés. Thomas Legrand et Patrick Cohen, « Pieds Nickelés » de France Inter, ont « fait ce qu’il faut pour… », à l’insu de leur plein gré. Être une femme libérée, ce n’est pas si facile.
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A gauche, on ne change pas une équipe qui gagne à être battue. Vingt-cinq ans de pouvoir, 8,8 milliards de dette, slogans bienveillants. L’Hôtel-de-ville abrite un Caravansérail de 55.000 agents, absents en moyenne un mois par an. Un aréopage de Barbablabla diversocrates, Barbouille intersectionnels, bras casés, tissent le « vivre ensemble », labourent la chaussée, les composts citoyens, belles histoires de la Mère Castor. Paris est une fête, une grande maison dans les pairies. La bêtise est sans honneur.
Demandez le programme !
Emmanuel Grégoire promet « une ville populaire, diverse, inclusive, ouverte sur le monde ». Le Paris joyeux, des enfants heureux, des monstres gentils, oui c’est un paradis… de bizarreries. Pour le périscolaire, « Respect du principe ‘jamais d’adulte seul avec un enfant’ »… Rassurant pour les parents… « Mise en place d’un dispositif d’extinction des dettes pour les jeunes, fondé sur l’engagement citoyen »… Le choix dans la dette. « 100% d’alimentation bio, locale et durable dans les cantines et crèches municipales »… Gratin de silures à la parisienne, Wok de tofu-boulghour-quinoa halal et sans gluten. « Création de la plage de la Bastille » … Nini Peau d’Chien a-t-elle un maillot de bain ? Les fous sont entrés dans Paris !
Pierre-Yves Bournazel, au centre, cherche de l’oxygène, veut des « Maisons des nounous », et en même temps, « une brigade de drones, une brigade canine pour interpeller les dealers »… en attendant une brigade de tigres.

Rachida Dati. La fille naturelle de Pauline Bonaparte et « JR », l’aventure et la passion, autour de Château Valmont. Bravache, la ministre de la Culture, démissionnaire, cultive les liaisons dangereuses. Digne héritière de Jack Lang, elle laisse une trace partout où elle passe, porte « un grand orchestre parisien des collèges (instruments fournis), une villa Médicis du design ». Aguerrie mais prudente, elle veut « sécuriser les tunnels, dessous des ponts, portes de Paris ; des pavés filtrants pour laisser passer l’eau »… Son courage bouillant ne se peut contenir.
Thierry Mariani. Contre la chienlit et l’insécurité la demande est forte, la concurrence rude, l’innovation de mise avec « l’installation de boutons d’alerte dans les crèches, écoles et commerces pour pouvoir alerter la police municipale ». Old school, « le port de l’uniforme scolaire dès le primaire » a des partisans. Thierry Mariani semble particulièrement sensible au charme et prestige des uniformes syriens, russes, turkmènes, kazakhs, azerbaïdjanais. On satrape des louches avec du caviar.
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Sophia Chikirou, lucide, a longtemps fustigé « une gauche repentante prête à se compromettre avec les islamistes » (Ma France laïque, 2007). Avec Jean-Luc Mélenchon, elle a trouvé son chemin de Dhamas, revient aux sources : l’agitprop, la gauche anthropophage, antisémite, les bilans globule.ment positifs. Xi Jinping, Poutine, Maduro, le Hezbollah, les Mollahs, avec nous, même combat ! Le cocktail Molotov insoumis est à l’œuvre pour faire imploser la nation : immigrationisme, clientélisme, séparatisme, « un festival ‘Paris Terre d’Exils’ valorisant les cultures des diasporas ; une aide d’urgence pécuniaire et mensuelle pendant 6 mois pour les personnes sans titre et sans ressources ».

Sarah Knafo veut gouverner Paris comme la Suisse, avec deux référendums par an. L’Enarque patriote aurait pu intégrer polytechnique. Pour « une ville heureuse, prospère, paisible, sûre », elle propose le « déploiement de réverbères intelligents anti-agression dotés de capteurs pilotés par l’IA, capables de réagir aux crimes et délits ». Nul n’est jamais assez fort pour ce calcul.
Alas, les dés sont pipés. Rien ne va changer le 22 mars. Paris, à l’image du pays, est un énorme paquebot échoué dans la dette, un mille-feuille crémeux de bureaucratie, une marmite de Woke en stock, gesticulations « toutelemondistes », Mahabharatin Tartuffesur les réfugiés-zéro-carbone, tout en haut des marches, dans la Cour d’Honneur, à la pêche aux Oscar, le buzz, le « bankable », le César du meilleur « sans-papier », les sponsors, les gogos, la société du spectacle. « Ils dînent du mensonge et soupent du scandale » (Chénier).
« Le monde est divisé entre Conservateurs et Progressistes. L’affaire des Progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L’affaire des Conservateurs est d’éviter que les erreurs ne soient corrigées » (Chesterton).




