Dans nos sociétés sécularisées, l’abattage rituel musulman n’en finit pas de susciter la polémique. Pro ou anti-halal, l’observateur est sommé de prendre parti en fonction de considérations idéologiques, en faisant fi de la conception islamique de l’animal.

Ainsi, beaucoup ignorent que l’islam proscrit de tuer les animaux pour le plaisir. Selon le Coran, Dieu n’a en effet permis aux hommes de faire couler le sang des animaux qu’en de rares occasions : pour se nourrir, procéder à des sacrifices rituels, ou par légitime défense. D’un point de vue religieux, l’encadrement de cette pratique ne s’appuie pas sur le souci de protéger la faune mais se justifie par le fait que les animaux sont des créatures de Dieu au même titre que les hommes. Or si Dieu a accordé au genre humain une prééminence sur les autres créatures, il n’en fait pas leur maître. D’où la nécessité de ritualiser leur mise à mort, étant entendu que le sang d’un animal ne doit pas couler sans raison mais conformément aux règles que prescrit la Loi. Ainsi le verset 3 de la sourate 5 du Coran défend-il de consommer les bêtes mortes par étouffement, à la suite de coups, après qu’elles ont chuté, se sont fait écorner par leurs congénères ou dévorer par des prédateurs. Autant de catégories assimilées à des cadavres.