Importé dans les bagages culturels d’une partie de l’immigration maghrébine, l’antisémitisme des banlieues se nourrit souvent d’une haine de la France. Pour l’avoir diagnostiqué, l’auteur des Territoires perdus de la République, Georges Bensoussan, s’est attiré un procès et la défiance de certaines élites. Première partie de notre entretien.


Causeur. Dans le procès que vous intentaient le CCIF et plusieurs associations avec le soutien du parquet, la cour d’appel a confirmé le 24 mai le jugement de première instance et vous a relaxé, estimant que vos propos sur « l’antisémitisme tété avec le lait de la mère » ne visaient pas l’ensemble de la communauté musulmane. Cette décision prouve-t-elle que votre combat contre le déni est en partie gagné ?

Georges Bensoussan. On peut voir là, en effet, le verre à moitié plein. Mais après deux ans de procédure et deux procès, considérer comme une victoire le fait de reconnaître qu’il fait jour à midi m’est difficile. Disons que l’on a empêché une défaite. L’essentiel reste la tenue de ces procès, qui demeure comme une tache en dépit des deux relaxes. Parce qu’à deux reprises, en effet, le parquet a donné suite au harcèlement judiciaire des islamistes, qui vise à nous intimider, à nous épuiser et in fine à faire taire ceux qui seraient tentés de parler. Comment voir là une victoire ? Chez beaucoup d’entre nous demeure, outre l’amertume, l’inquiétude devant l’effondrement des défenses politiques et intellectuelles du pays.

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Tout de même, sur le front de l’antisémitisme, les tragédies les plus récentes – les assassinats de Sarah Halimi et de Mireille Knoll – ont suscité une mobilisation de plus en plus large, jusqu’au « manifeste des 300 » publié fin avril par Le Parisien-Aujourd’hui en France. Comme le dit en substance Élisabeth de Fontena

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Juin 2018 - #58

Article extrait du Magazine Causeur

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