Je partage avec mes compatriotes juifs le malheur d’être français mais, catholique, je ne jouis point, comme eux, du redoutable privilège d’être juif. Si je me sentais menacé dans mon pays, où irais-je ? Ma misérable personne n’a aucune chance de trouver sous d’autres cieux une nationalité de substitution. Me présenterais-je même au Vatican, hâve et désespéré, tenant dans ma main haut levée les certificats de baptême de mes ascendants directs et indirects sur dix générations qu’on ne m’accorderait guère plus qu’une bénédiction mais, assurément, pas un visa et moins encore un passeport. Quant à Tel Aviv ou Jérusalem, où se déclarer français équivaut presque à se promener dans les rues en uniforme nazi, je ne saurais y espérer autre chose qu’un statut précaire de clandestin !

*Photo : Libération/Patrick Peccatte.

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