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François Hollande, Stéphane Hessel et Georges Bidault

Le prophète indigné, Stéphane Hessel, a remis sa casquette de maquisard en lançant hier dans Libération un appel à voter François Hollande. Avec son camarade de l’ombre, Raymond Aubrac, avec qui il coécrit cette tribune, il profite du contexte de l’anniversaire des 68 ans du programme solidaire et bienveillant adopté par le Conseil National de la Résistance (CNR) le 15 mars 1944, pour agiter la menace de son inquiétant démantèlement si la France repartait pour cinq ans avec Nicolas Sarkozy et appelle donc à faire barrage à cette politique ploutocrate aux relents de xénophobie primaire.

Définitivement atteint du syndrome de répétition, Hessel, rejoue à chaque intervention dans le débat public son rôle de grand résistant qui a le devoir de veiller sur le respect des valeurs sacrées de la Résistance. Et comme un résistant ne peut être qu’un homme d’honneur à la vertu irréprochable, tout ce qu’il dit est parole d’évangile.

En insinuant que la gauche est par nature du côté de « la liberté, de la dignité, de la démocratie, de l’espoir », qu’elle est la couleur politique de la résistance héroïque, Hessel associe par défaut la droite à la collaboration scandaleuse avec l’ennemi devenu la finance mondialisée. Ce qui, au passage est une injure à la mémoire de tous les résistants de droite, catholique, maurassiens morts pour la France, ceux-là même auxquels Aragon rendait hommage dès 1943 dans La Rose et le Réséda.

La toile de fond historique a beau avoir changé, Hessel continue à réécrire l’Histoire dans un seul objectif : distribuer des brevets de FFI à deux centimes en faisant croire que voter Hollande c’est résister. Cette tentative de récupération évoque irrésistiblement le cas de Georges Bidault. Durant la seconde guerre mondiale Georges Bidault fut un résistant héroïque, qui succéda à Jean Moulin en 1943 comme président du Conseil National de la Résistance.

Les circonstances de l’histoire firent que le même Bidault, engagé aux côtés de l’OAS à la fin de la guerre d’Algérie, crut bon de constituer une sorte de gouvernement antigaulliste en exil. Il eut le mauvais goût de le baptiser Conseil National de la Résistance…


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