La semaine dernière dans Le Figaro, l’éditorial de Paul-Henri du Limbert exhortait la droite à rester unie dans un soutien sans faille à la candidature Fillon. Très bien ! Mais il débute par un couplet de repentance : en engageant sa femme, Fillon aurait mal agi, mais il aurait une excuse, beaucoup en font autant. Citons-le : « le candidat de la droite a agi comme le font depuis 30 ans des centaines de députés ou sénateurs, de droite comme de gauche. Personne ne prétendra que cette facilité fait partie des traditions les plus glorieuses de la Ve République, mais elle existe. »

Eh bien si, quelqu’un estime que cette tradition est excellente : votre serviteur ! Et je suis certain que beaucoup partagent mon point de vue selon lequel des ménages qui sont unis dans le travail comme dans le loisir ont tout lieu d’en être fiers. Car enfin, combien de centaines de milliers de couples s’occupent-ils ensemble d’une exploitation agricole, d’un commerce, d’une activité artisanale, d’un cabinet dentaire ou médical, parce qu’ils sont unis pour le meilleur et pour le pire, et parce que travailler ensemble est à la fois leur choix de vie, éminemment respectable, et une bonne formule sur le plan de l’efficacité ?

La repentance, c’est fini !

Et si le boulanger ou la boulangère emploie son fils ou sa fille, d’abord pour apprendre le métier, puis pour contribuer à accroître les activités de son commerce, doit-il s’excuser, considérer qu’il s’agit d’une erreur à mettre sur le compte d’une tradition en voie d’obsolescence ? Combien de patrons d’entreprises, y compris des grandes et des moyennes, agissent de même, avec la fierté légitime de diriger et de développer une entreprise familiale ?

Aucun homme politique n’a à s’excuser d’employer des collaborateurs familiaux. C’est son choix légitime, et c’est tout à son honneur de s’entendre assez bien avec son conjoint ou son enfant pour pouvoir travailler efficacement avec lui. De plus, lorsque cet homme a une probabilité d’accéder à la présidence de la République, il est bon pour le pays (et pour lui) que la potentielle première dame ne soit pas une oie blanche en matière politique. Que Pénélope la Galloise ait travaillé pour et avec François est un atout pour la France ! La repentance à tort et à travers, ça suffit !

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Economiste.Membre fondateur du fonds de recherche Amitié Politique. Prochain livre à paraître : "La retraite en liberté" (Cherche midi)