Prompts à critiquer les dérives constatées aux Etats-Unis, nos champions de l’Etat de droit ne se privent pas de placer partout leurs pions pour faire barrage à qui vous savez…
Jerome Powell, actuel patron de la Fed (la Réserve fédérale des États-Unis), achèvera son mandat en mai prochain. Hostile aux baisses des taux réclamées par Trump, bien que nommé par ce dernier en 2017 (!), Jay Powell s’est vu récemment gratifié de tombereaux d’injures par le Donald : « Qui est notre plus grand ennemi, Jay Powell ou le président Xi ? »
Le président a déjà désigné Kevin Warsh, un proche, pour diriger la banque centrale. Il est donc de bon ton de souligner l’entorse ainsi faite à la sacro-sainte (quoique très théorique) indépendance d’une banque centrale. De là à voir dans cette nomination une preuve supplémentaire du despotisme trumpien, il n’y a qu’un pas que tous ses adversaires, notamment français, n’hésitent pas à franchir.
C’est pas chez nous qu’un truc comme ça arriverait. Ah, en fait si. C’est même arrivé trois fois en l’espace de quelques jours. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a opportunément annoncé sa démission. Macron s’apprête à nommer son remplaçant. Idem pour Christine Lagarde, dont le départ anticipé est annoncé. Enfin, Amélie de Monchalin va prendre la présidence de la Cour des comptes, afin de porter un jugement impartial sur… le budget qu’elle vient de concocter. Rien à voir évidemment avec les menées scélérates de Trump. Tous ces Français sont là pour une cause noble : faire barrage à Bardella, au cas où…
Quel soulagement pour les amoureux de l’« État de droit ».




