Pendant des décennies, la nudité était de rigueur dans les vestiaires des matchs de foot. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes joueurs choisissent de prendre leur douche en sous-vêtements. Et l’islam n’est pas la seule explication de ce retour de bâton…


Le match de football amical est terminé. Une vingtaine de personnes dans un vestiaire, quelque part dans le nord de la Franche-Comté. Surprise. Seules quatre, les plus âgées, quadragénaires dont votre serviteur, passent à la douche dans le plus simple appareil. Tous les autres conservent un sous-vêtement. Avec un ami, lors du repas qui suit, nous évoquons le phénomène. Je me souviens d’un livre1, écrit par le journaliste de RMC Daniel Riolo, qui décrivait le même phénomène dans le milieu du football professionnel. Nous l’avions interviewé pour Causeur.fr en 2013 : « C’est effectivement assez récent et c’est davantage une habitude et une mode que l’application d’une prescription religieuse exigeant de ne pas exposer ses parties intimes. Il y a là une affirmation identitaire et non pas de la radicalité religieuse. […] il y a des équipes où la plupart des joueurs sont musulmans et où les autres vont finir par se comporter en “suiveurs”. Dans d’autres clubs, on aura 50 % de joueurs qui continueront à se laver en tenue d’Adam après le match. C’est assez symptomatique d’une France morcelée. »

Bien au-delà du football pro

Quatre ans plus tard, cette expérience dans un vestiaire franc-comtois semble démontrer que le phénomène ne se limite pas au foot pro décrit par Riolo. Contacté, ce dernier confirme : « Dans le milieu amateur, le phénomène est amplifié ! C’est même généralisé, acté. La Fédé le sait et ferme complètement les yeux. D’un côté, lorsque je vois les “suiveurs”, j’ai l’impression de retrouver la “soumission” décrite par Michel Houellebecq. Mais d’un autre, je peux parfaitement comprendre qu’ils puissent ressentir de la pudeur. » Sébastien, dirigeant d’un club des Pyrénées-Orientales depuis 2010, confirme le diagnostic de Daniel Riolo : « Ce phénomène, que j’ai toujours connu, est arrivé d’abord par les joueurs d’origine maghrébine. Mais ils sont imités aujourd’hui par pratiquement tous les autres, sauf les plus âgés. Ce n’est jamais justifié par une pratique religieuse. Toujours par la pudeur. »

Un retour générationnel à la pudeur

À ce stade, on pourrait trop rapidement conclure à une « halalisation » des vestiaires français. Mais la question s’avère bien plus complexe. C’est un échange avec l’ado de la maison qui me met la puce à l’or

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Été 2017 - #48

Article extrait du Magazine Causeur

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