Les hôteliers inquiets se forcent à sourire. Les acteurs fatigués assurent le service après-vente minimum, pestant contre cette promotion forcée. Tout est contractuel aujourd’hui, les secondes d’interviews, les arrêts pipis et les banalités déversées en conférence de presse. Le tapis rouge broie les individualités fortes. Il lisse toutes les identités. Chaque soir, des producteurs soucieux refont leurs comptes au bar du Martinez. Tandis que les critiques préparent leur stock de Lexomil afin d’affronter la sélection du matin.

Dans les rédactions parisiennes, on se refile la patate chaude car cette quinzaine où le soleil n’est même plus assuré malgré le réchauffement climatique prend des allures de baroud d’honneur. Les téléspectateurs ont déserté depuis longtemps leur poste. Ils préfèrent Hanouna à Toubiana et les frères Bogdanov aux Dardenne. La chaîne cryptée a remballé son barnum. Les fêtards ont un wagon de retard sur les actionnaires. La sinistrose a sauté sur les marches du Palais comme la technostructure a gangréné le service public. Cette impalpable magie de Cannes (du 17 au 28 mai) tient plus du pétard mouillé que du feu d’artifice. Le goût pour le strass et le topless a pris ses quartiers d’été loin de la Côte d’Azur, dans les archives du passé.

François Chalais, commentant pour l’O

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Mai 2017 - #46

Article extrait du Magazine Causeur