Pour un coup d’essai en kiosque, Causeur a frôlé le coup de maître. Sur les dix mille points de vente qui distribuaient notre numéro d’avril, beaucoup se sont retrouvés à court de magazines dès la bise de l’hiver revenue.  Instruits par l’expérience, nous avons augmenté notre tirage mais certainement pas abaissé nos exigences !
Après le séisme Cahuzac et ses nombreuses répliques médiatiques, tandis que le patron de Mediapart est porté au pinacle par les apôtres de la transparence, nous avons décidé de le porter à la fonction suprême : « Plenel président ! » hurle notre Une exhibant un clone moustachu de François Hollande.  N’est-ce pas ce que la plupart des gazettes nous serinent depuis des semaines : la Vérité sur le patrimoine de nos politiques serait sacrée et Plenel son oracle ? En rebondissant sur le grand déballage du printemps, avec déclarations de patrimoine et revue de détail des twingos ministérielles, Elisabeth Lévy nous décrit les raisons de son différend déontologique avec l’ancien monsieur propre du monde. Ce dernier « prétend incarner le seul et vrai journalisme » avec la « mission de régénérer non seulement la démocratie, mais la gauche » quitte à employer des moyens contestables (délation, accusation sans preuves…) pour arriver à ses fins. Au point de refuser le dialogue ? C’est ce que suggèrent ses échanges surréalistes avec notre rédactrice en chef – comme Marchais en son temps, il aurait voulu réécrire ses questions -, faits de revirements et de dérobades. Vous aurez bientôt accès sur notre site à l’intégrale de la correspondance Lévy-Plenel, laquelle pourrait s’appeler Nous ne vieillirons pas ensemble ! En attendant, accueillons comme il se doit Raphaël Enthoven, selon lequel trop de transparence sape la démocratie. Un diagnostic fidèle à l’analyse d’Elisabeth Lévy mais rigoureusement contraire au panégyrique de Mediapart que dresse notre collaborateur Philippe Bilger. Comme quoi, le pluralisme n’est pas un vain mot en terre causeurienne…
Trêve de plaisanteries. L’heure est grave, il paraît que l’Allemagne marche sur nos plates-bandes pour asseoir son hégémonie économique sur le vieux continent. « On n’a pas voté Merkel ! » : la lapalissade mérite d’être rappelée en première page de notre dossier central ! Point de provinces perdues, mais une balance commerciale déficitaire qui met Paris à genoux devant l’orthodoxie budgétaire de Berlin. Absurde, répondent le journaliste du Frankfurter Allgemeine Zeitung Günther Nonnenmacher et l’ancien ministre Bruno Le Maire pour lesquels Paris doit d’abord balayer devant sa porte déclinante avant d’espérer regagner ses paradis industriels perdus. L’Allemagne est un modèle de dynamisme économique qui nous met quinze points de compétitivité dans les dents, persifle Brice Couturier, qui s’oppose au très bainvillien Jacques de Guillebon comme au contempteur de l’ortho-libéralisme Philippe Cohen, pour lequel Berlin est un colosse aux pieds d’argile. Même constat du côté de l’économiste Jacques Sapir, qui ne mise pas un kopek, pardon un mark, sur l’avenir de l’euro !
Quant au social-démocrate (si, si) Thilo Sarrazin, il analyse sans concessions les difficultés posées par l’immigration africaine et moyen-orientale, quitte à choquer les moins bien-pensants d’entre nous. Un entretien exclusif et rare à lire dans nos pages centrales.
Du Rhin, nous volerons vers les monts caucasiens, là où la mémoire du sang tarde à s’effacer. Et pour cause, les massacres d’Arméniens par les Turcs, que la loi a officiellement reconnus comme un génocide, ont laissé une trace indélébile dans la mémoire arménienne, sans pour autant résumer l’histoire plurimillénaire de ce peuple. Une somme historique publiée par Jean-Pierre Mahé nous a d’ailleurs inspiré un large dossier culturel autour de la question arménienne. L’occasion d’interroger Pierre Nora, fondateur de l’association « Liberté pour l’histoire » et opposant de longue date aux lois mémorielles, autour du fil de l’histoire, de la mémoire et de sa reconnaissance officielle par le législateur.
Si nos rendez-vous habituels restent fidèles au poste, des journaux d’Alain Finkielkraut et Basile de Koch à la chronique médias de Cécile Louveau, quelques nouveautés (et pas des moindres) vous attendent au tournant. Ainsi du billet d’humeur de Maurice Szafran, invité de notre rubrique « Viens le dire ici si t’es un homme » pour dire tout le mal qu’il pense de la droite (néo)sarkozyste avec laquelle nous serions par trop complaisants.
Mais l’événement de ce numéro provient de la publication de fragments inédits du Journal de Philippe Muray ! En dernière page, « l’imam caché » revient nous parler de Rubens, au régal des fervents admirateurs que nous sommes. Achetez ce numéro : la gloire de Causeur, c’est vous !

 

Attention : les abonnements démarrent désormais avec le numéro suivant.  Si vous souhaitez débuter le vôtre avec le numéro de mai, faites-en la demande à clients@causeur.fr.

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