C’est un déluge qui s’abat sur les économies depuis que nos populations affrontent le coronavirus. Un déluge d’argent pour subvenir aux besoins sanitaires qui ont explosé et pour combler les déficits considérablement aggravés qui vont découler de la récession économique.


L’Allemagne est montrée en exemple, elle qui était il y a peu encore montrée du doigt pour son entêtement à pratiquer l’austérité budgétaire alors qu’elle affiche des excédents depuis plusieurs années déjà : elle a décidé de débloquer quelque 882 milliards d’euros de prêts pour les PME à partir de la Banque Publique. Les États-Unis ne sont pas en reste : Donald Trump et le Congrès américain font à nouveau exploser le déficit en ajoutant 2200 milliards aux 1000 milliards déjà comptabilisés. La France jette modestement 45 milliards dans la balance mais à partir d’un déficit 2019 estimé aux alentours de 90 milliards d’euros avant de comptabiliser les pertes de recettes liées à la crise économique.

Les keynésiens qui n’avaient pas désarmé, sortent du bois pour se réjouir du changement de trajectoire dont ils espèrent qu’il se maintiendra au lendemain de l’épidémie. Les socialistes impénitents rient sous cape à l’idée que de grands groupes comme Renault ou Air France pourraient être nationalisés.

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Voire. Les décisions lourdes déjà prises ou celles à venir nous sont présentées par les dirigeants politiques comme des mesures d’attente qui ne préjugent pas de la gestion publique à venir. Une fois la tourmente passée, il faudra, pensent-ils, revenir aux bons principes de la modération des dépenses et de budgets équilibrés ou presque. La doctrine du système reste inentamée dans les discours. Le débat omet cependant, sauf exceptions individuelles, un paramètre décisif sous la forme de la création monétaire.

Moins de production, plus de dettes

J’ai conscience, en disant cela, de choquer nombre de personnes qui assistent aux actions, sans précédent, de soutien par les banques centrales. Que signifient, me diront-elles, les 750 milliards d’euros créés ex nihilo pour être jetés sur les marchés par la BCE dans la nuit du 15 au 16 mars ?

Ces sommes, comme celles qui sont injectées un peu partout de par le monde par les banques centrales, sont orientées vers les marchés financiers. Elles servent à racheter en masse des emprunts anciens pour soutenir leurs cours et, ainsi, faire obstacle à la faillite du système bancaire. Nous assistons à un remake du film qui s’est joué entre 2008 et 2014 où les acteurs monétaires ont empêché la dépression et, accessoirement, sauvé l’euro.

On oublie le coût de ce sauvetage. On oublie le fait qu’on a traité le mal par le mal, une crise de surendettement privé et parfois public par l’offre massive de prêts à bas coûts qui a porté

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