L’Union européenne fait pression sur les Dubaï et les autres membres des Emirats arabes unis: ils ont été réintégrés, le 12 mars, à sa liste noire des paradis fiscaux.


L’Union européenne vient enfin de remettre les choses dans l’ordre et l’église au milieu du village : Dubaï et les Emirats arabes unis sont de retour dans la liste noire des paradis fiscaux… qui risquent vite de devenir un enfer pour ceux qui y font des affaires.

Les Emirats arabes unis (dont fait partie Dubaï) avaient déjà été inclus dans cette liste noire en décembre 2017 mais Bruxelles les en avait sortis en raison des engagements pris par les Emirats de rendre leur fiscalité plus équitable. Seul opposant à cette réintégration en raison des nombreux partenariats économiques qui lient les deux pays, l’Italie a dû se résoudre à les laisser y retourner.

« Un succès européen »

« La liste de l’UE des paradis fiscaux est un véritable succès européen. Elle a eu un effet retentissant sur la transparence et l’équité fiscales dans le monde entier », a déclaré Pierre Moscovici, commissaire aux Affaires économiques et financières à l’origine de cette liste noire qui n’est en fait qu’un outil de pression politique ; l’Union européenne refusant toujours de sanctionner les Etats fautifs. « De nombreux pays ont modifié leur législation et leurs régimes fiscaux pour se conformer aux normes internationales », s’est pour sa part félicitée la Commission européenne dans un communiqué. Pour mémoire, la mise à l’index s’est faite sur un indicateur, l’absence d’impôt sur les sociétés, et sur trois critères : la transparence fiscale, la bonne gouvernance et l’activité économique réelle.

Popularisés par le tourisme et le glamour de leurs hôtels de luxe, Dubaï et les autres émirats attirent aussi ce qui se fait de moins recommandable en termes de transparence financière. Alors que, depuis 2010, les pays de l’OCDE ont restreint les espaces de libertés pour ceux qui souhaitaient s’affranchir des règles fiscales communes, de nombreux pays tels que la Suisse ont fermé leurs coffres aux fonds d’origine douteuse et Dubaï est alors apparue comme un îlot de tranquillité ; la Las Vegas d’Arabie devenant la base de repli de tout ce que la planète compte d’entités à la recherche de secret bancaire.

C’est plus transparent maintenant

En conséquence, certaines fortunes vite acquises en provenance de nouveaux pays capitalistes comme la Chine ou la Russie et de pays africains et même d’Europe occidentale, ont trouvé en Dubaï un espace où la discrétion est à la hauteur de leur richesse.

Beaucoup ont voulu croire que la prospérité insolente de Dubaï, sans ressources énergétiques, pouvait venir du tourisme, de son hub aérien et de la finance. Ceux qui s’y sont réellement intéressés ont vite compris que la géopolitique locale, sa proximité avec l’Iran, le commerce interlope qu’il développe avec ce pays sous sanctions ont semble-t-il fait de Dubaï une des plaques tournantes du blanchiment, une grande lessiveuse d’argent sale et inavouable.

Beaucoup le savaient, maintenant c’est officiel. L’inscription des Emirats arabes unis dans la liste noire de l’Union européenne clarifie les choses.

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