1. J’ignorais que Bach auquel Dieu doit tout, abusait de ses choristes. C’est écrit noir sur blanc dans Books, revue qui ne se singularise pas par son humour.

2. J’ignorais que Marie-Josée Croze incarnerait à tout jamais la duchesse Sanseverina  dans l’adaptation télévisée de La Chartreuse de Parme de Cinzia Torrini. Je n’avais, en revanche, jamais douté des qualités de scénariste de Stendhal dont Paul Léautaud disait pertinemment :  » Pas une ligne chez lui pour le joli, pour le pittoresque, pour l’amusement. Toujours quelque chose, toujours de l’intérêt. « 

3. J’ignorais que François Damiens excellait à ce point dans l’humour belge et que ses embrouilles de caméras cachées révélaient un acteur prodigieux qui, par ailleurs, va rarement au cinéma et ne regarde même pas ses propres films, ce qui me le rend plus sympathique encore.

4. J’ignorais que l’écrivain suisse-allemand Ludwig Hohl qui vécut vingt ans dans une cave à Genève conseillait aux écrivains médiocres d’écrire des romans pour gagner des lecteurs et aux bons de soigner leur style pour en perdre. Toujours dans Books.

5. J’ignorais qu’outre le mariage pour tous ce qui déclenchait les plus vives passions en France lors du Réveillon était de savoir si les femmes devaient être totalement épilées ou non.

6. J’ignorais que le terme  » burn-out « , qui désigne une nouvelle pathologie médicale, a été créé dans les années soixante-dix par un psychiatre américain, Herbert J. Freuenberger. Il voulait désigner par là une forme d’épuisement professionnel : un incendie qui se propage à l’intérieur de l’individu. Le philosophe belge Pascal Chabot a écrit un essai passionnant sur cette pathologie civilisationnelle : Global Burn-Out, aux Puf.

7. J’ignorais que le metteur en scène italien Dino Risi avait fait des études de psychiatrie. Sur la déchéance de la vieillesse et pour plonger dans une autre forme de dépression que le burn-out, rien de tel que de revoir le soir de Noël : Dernier Amour avec Ugo Tognazzi et la délicieuse Ornella Muti.

8. J’ignorais que L’Homme à la Ferrari du même Dino Risi, ainsi que Le Fanfaron, dont la structure narrative est si proche du Swimmer de Frank Perry, autre chef d’oeuvre, seraient les contrepoisons les plus efficaces à Dernier Amour. Le cinéma italien des années soixante était porté par une grâce qu’il n’a jamais retrouvée.

9. J’ignorais que même les Suisses-Allemands seraient  capables de m’émouvoir avec Die Wiesen-Berger, un film de Bernard Weber et Martin Schilt sur des chanteurs alpins auxquels on demande de se produire à Shanghai. On se doutait bien qu’il y avait une forme d’humanité spécifique aux montagnards suisses. La transmettre n’était pas une mince affaire. Le cinéma parvient encore à faire des miracles. Ce film en est un.

10. J’ignorais cette citation de Bernard Shaw ( je note au passage qu’il convient toujours de conclure un billet d’humeur par une citation de Bernard Shaw ou d’Oscar Wilde…..vous serez plus aisément pardonné ) :  » Je trouve qu’une femme allant chercher les pantoufles d’un homme est un spectacle dégoûtant. D’ailleurs, je n’ai jamais ramassé les vôtres, dit Bernard Shaw à une jeune personne du sexe opposé, et j’ai bien meilleure opinion de vous depuis que vous me les avez jetées à la figure. «  N’hésitez pas à faire de même !

 

 

 

 

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Roland Jaccard
Psychologue, écrivain, journaliste, critique littéraire, essayiste et éditeur suisseEssayiste, il se fait connaître en 1975 par L'exil intérieur, essai qui a marqué des générations de lecteurs. Romancier, il écrit Sugar Babies, Flirt en hiver, Une fille pour l'été. On lui doit également une trilogie autobiographique L'âme est un vaste pays, Des femmes disparaissent, ...