Paris. Avant-hier au soir, Ileana de La Guardia (réfugiée politique depuis 1991), Félix José Hernandez (réfugié depuis 1981) et Philippe Delaroche, journaliste-présentateur de l’émission « Décryptage », ont invité Mme Ségolène Royal à se saisir d’une feuille de papier et d’un crayon pour noter les noms des prisonniers politiques d’après une liste que, semble-t-il, les services du Quai d’Orsay ne sont toujours pas en mesure de lui communiquer. Car à ce jour, Mme Royal, désignée par le gouvernement français pour le représenter à La Havane, n’est aucunement revenue sur ses propos. Cette liste, arrêtée au 25 avril dernier, représente la mise à jour d’une liste antérieure remontant au 19 juin 2015. Elle comporte les noms de 93 prisonniers politiques dont 11 objecteurs de conscience. A ce jour, Radio Notre-Dame est le premier média en France à en avoir donné lecture.

Qu’ils s’appellent Alexander Alan Rodriguez, détenu – sans jugement – depuis le 8 juillet 2015 pour « désobéissance », Oswaldo Arcis Hernandez, membre de l’Union syndicale des travailleurs indépendants, condamné à deux ans pour « dangerosité sociale », Leonardo Cobas Pérez, membre de l’Union patriotique de Cuba, condamné à cinq ans pour « trouble à l’ordre public », ou Raibel Segundo Pacheco Santos, condamné à quinze ans pour « rébellion », la plupart demeurent en détention. Sur ces 93 prisonniers, seuls 26 sont assignés à résidence. Plus d’une vingtaine ont déjà purgé de 13 à 24 ans de détention. C’est notamment le cas de Pedro de la Caridad Alvarez Pedroso, détenu depuis le 29 décembre 1991, pour « infiltration sur le territoire national cubain, et, parmi les autres prisonniers, de sept d’entre eux, tels que Harold Alcala Aramburo ou Yoanny Thomas Gonzales, condamnés officiellement pour « piraterie », c’est-à-dire pour avoir eu l’intention de quitter Cuba à bord d’une embarcation.

De plus, Ileana de La Guardia a fait état des arrestations, représailles, harcèlements et intimidations qui se poursuivent au lendemain de la mort de Fidel Castro. C’est ainsi qu’à peine libéré après 10 mois de détention, le graffeur cubain « El Sexto », Danilo Maldonado, vient d’être incarcéré à nouveau pour avoir graffé ces deux mots : « SE FUE » (« Il est parti »).

Il demeure donc acquis, hélas, et ceci en contradiction avec le bilan prétendument positif de la famille Castro au pouvoir depuis un-demi siècle, qu’il n’y a aujourd’hui encore à Cuba ni liberté d’expression, ni liberté politique, ni liberté syndicale, ni liberté de circulation. Il est toutefois exact, ainsi que l’a souligné Mme Royal, que le peuple cubain est courageux. Comme en témoignent les membres de la Comision Cubana de Derechos Humanos y Reconciliación Nacional qui s’efforcent de tenir à jour la liste des prisonniers politiques.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Partager
présente le 18-20 sur Radio Notre-Dame (100.7).