Le député-mathématicien (LREM) Cédric Villani était, hier, l’invité de LCI. Et le candidat à la Mairie de Paris est apparu moins à l’aise avec la chose politique que dans sa première spécialité.


Nous avons entendu ce 22 février un mathématicien romantique kitsch, Cédric Villani, répondre aux questions d’un journaliste intelligent, Christophe Jakubyszyn, sur LCI, à propos de son livre, Immersion. Cédric Villani, député LREM de l’Essonne, a certes fait d’encourageants progrès dans l’expression orale, mais il semble n’être encore qu’un « grand commençant » en philosophie politique.

Le villanisme est un macronisme

Ce qui ne l’empêche pas d’être déjà plus roué qu’il n’y paraît en ambitions politiciennes. Car il se verrait désormais en maire de Paris, ce qui serait une façon, à 45 ans, de se préparer une sinécure, loin de l’esquif Macron dont il pourrait avoir aperçu les voies d’eau fatales. La devise de Paris n’est-elle pas « Fluctuat nec mergitur » ?

Le discours de Cédric Villani est-il donc naïf, optimiste ou calculateur ? Quelle qu’en soit l’inspiration réelle, il sonne comme un éloge du macronisme et, accessoirement, du villanisme. Quitte à se défausser sur les questions gênantes.

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Cédric Villani, bon élève, énonce sur LCI tout ce qu’il a fait en tant que député : il a participé à beaucoup de commissions, notamment sur l’intelligence artificielle, et à la mission d’information commune (mission Cariou) sur « les procédures de poursuite des infractions fiscales »Il y a là indubitablement une satisfaction « présentielle » (qu’éprouvent beaucoup de fonctionnaires) détachée du réel et du résultat. L’important c’est de pointer.

Les manifs et Villani: le vendredi oui, le samedi non

Si Cédric Villani nous fait par ailleurs part de son inquiétude pour la survie de la planète, il est moins attentif à celle de ses compatriotes. Lui qui est toujours professeur à l’université Claude Bernard de Lyon, comprend que les élèves sèchent les cours pour manifester pour le climat le vendredi ; mais ne comprend pas les gilets jaunes du samedi. D’ailleurs de quoi se plaignent-ils au juste : n’y a-t-il pas le « grand débat national » ? En plus, il est « extrêmement bien ». Pas un mot sur l’humiliation, la paupérisation, la détresse, la colère. L’essentiel c’est d’avoir « renoué le débat » (sic), car en découlera « une place nouvelle du citoyen dans la politique ». CQFD. Le RIC ? Non, trop simpliste (pourquoi ?).  Mais oui à un « abaissement des seuils » (nombre de signataires) pour le referendum d’initiative partagée. Et oui aussi à la proportionnelle. Benalla ? Il fait, prudemment, confiance à la justice. Des doutes sur ce gouvernement ? Non, puisqu’on vous dit qu’il y a le « grand débat ».

On est loin du génial Condorcet, si précis, et si créatif, tant en mathématiques qu’en politique, et que la Terreur fit périr en prison. Et loin de Pascal, si profond, lorsqu’il distingue l’esprit de géométrie de l’esprit de finesse. Je suis bien incapable de dire à quoi servent les calculs – qu’ils soient mathématiques ou politiques – de Cédric Villani. Mais j’ai une opinion sur son esprit de finesse politique…

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