On évoque enfin, depuis un mois, les livres de l’historienne anglaise, d’origine juive égyptienne, Bat Ye’or, mais c’est malheureusement seulement, en général, pour en faire, bien à tort, l’inspiratrice d’Anders Behring Breivik. Ses livres sont en effet cités plus d’une soixantaine de fois dans les 1500 pages délirantes du manifeste du tueur d’Oslo, qui mélange le « marxisme culturel » de l’École de Francfort, Lukacs et Marcuse avec Lady Gaga et Scarlett Johansson ou l’herpès génital de sa belle-mère pour prouver la décadence de la civilisation occidentale. Il serait pourtant bon, comme le proposait ici même Roland Jaccard, de joindre les livres de Bat Ye’or au « dossier inextricable de la guerre des civilisations ».

Bat Ye’or dut quitter l’Égypte en 1957, et l’expérience de cette expulsion quasi-complète, en quelques mois, d’une communauté juive vieille de trois mille ans fut sans doute déterminante dans son œuvre ultérieure. Les travaux de Bat Ye’or tournent autour de deux questions principales : la naissance de ce qu’elle nomme « Eurabia », dans son livre Eurabia : l’axe euro-arabe (Jean-Cyrille Godefroy, 2007) et ce qu’elle qualifie de « dhimmitude »

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