Aux exemples de l’Argentine et de l’Irlande analysés ici même par Gil Milhaely, il faudrait ajouter celui de l’Estonie, tout aussi significatif. Et qu’il ne serait pas inutile de méditer en France et d’appliquer en Grèce.

L’Estonie est le seul pays de la zone euro qui puisse se targuer cet automne d’être en situation de surchauffe conjoncturelle. Refusant l’accumulation des déficits publics, le gouvernement a fait entièrement confiance à l’initiative privée pour sortir d’une crise gravissime. Refusant de céder au mythe keynésien, il a réduit le nombre de fonctionnaires (il n’en compte que 28.000) et maintenu un taux d’imposition unique (flat tax). Selon la Banque Mondiale, l’Estonie est quatorzième au classement des économies les plus libres et l’Argentine cent-trente-huitième, ce qui laisse présager qu’une prochaine crise est d’ores et déjà programmée, alors que grâce à sa politique ultra-libérale, l’Estonie devrait croître pendant de longues années à un rythme supérieur à trois pour cent.

L’Estonie, pour mémoire, sortait d’une récession et a brisé par sa politique le mythe selon lequel il faudrait une cure drastique d’austérité sur plusieurs années pour rétablir une économie. Mais sans doute faut-il pour cela croire un peu moins en un État protecteur et un peu plus en des citoyens libres et responsables. S’il y a une révolution à opérer, c’est bien celle-là. Gageons que les Français et les Grecs s’y opposeront avec une inébranlable détermination.

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