Ils sont venus, ils sont tous là: Bernard Mabille, Philippe Val, Douglas Murray, Georges Bensoussan sont (entre autres !) dans le nouveau numéro de Causeur. Découvrez-le, il est déjà disponible !


Treize crimes antisémites se sont produits ces quinze dernières années en France. Il est plus que temps de battre le rappel des troupes, comme nous le rappelle Elisabeth Lévy : « Cela fait près de vingt ans que le ‘nouvel antisémitisme’ s’invite régulièrement dans notre actualité» Au gré des affaires Halimi (Ilan puis Sarah), des attentats de Merah (Toulouse) et Coulibaly (Hyper casher), la judéophobie des banlieues se rappelle à notre mauvais souvenir.

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Or, si nous avons choisi d’y consacrer un dossier entier, ce n’est pas seulement pour exiger l’arrêt de cette hécatombe mais également pour rappeler que les Juifs et la France, n’en déplaise à une sordide exposition des années 1940, ont partie liée. « Contrairement au BHL de L’Idéologie française, nous retenons de notre passé que la France a été la première terre de résistance à la haine des juifs et que cela a contribué à faire d’elle ce qu’elle est », clame notre cheftaine en rappelant les épisodes de l’émancipation, de l’affaire Dreyfus et des Justes qui caractérisent la patrie de Proust.

Philippe Val, Georges Bensoussan et les 300

Ils en ont parlé. Avec leur Manifeste des 300 contre l’antisémitisme publié dans Le Parisien-Aujourd’hui en France, Philippe Val et ses acolytes se sont attiré les foudres d’une certaine gauche. Interrogé dans nos colonnes, l’ancien patron de Charlie Hebdo, menacé par les islamistes pour crime de lèse-Mahomet depuis une douzaine d’années, nous raconte la genèse de ce texte. Par les promptes défections de quelques illustres figures politiques de gauche, dont, dit-on, un ancien président normal, les pétitionnaires partirent plus nombreux qu’ils n’arrivèrent. Au nombre des signataires, l’historien Georges Bensoussan, coordinateur des Territoires perdus de la République, analyse l’origine de l’antisémitisme des banlieues, qu’une partie de l’immigration maghrébine a importé en France avec ses bagages. Contrairement aux idées reçues, la judéophobie n’a pas attendu l’éclosion du mouvement sioniste pour s’épanouir dans le monde arabe. En témoignent l’affaire de Damas en 1840 et différents épisodes tragiques qui n’empêchèrent pas une coexistence judéo-arabe parfois conviviale mais jamais frappée du sceau de l’égalité. Le franco-algérien David Duquesne confirme ce diagnostic, confessant les difficultés que lui causèrent son prénom.

Citant Jacques Julliard, Alain Finkielkraut prend acte des mutations du paysage politique hexagonal, la nouvelle question identitaire rebattant les cartes : « Depuis l’affaire Dreyfus, la gauche s’identifiait au combat contre l’antisémitisme ; aujourd’hui, on reconnaît un homme de droite à ce qu’il défend les Juifs ; l’homme de gauche, lui, défend les migrants et, pour ce qui concerne les Juifs, il leur demande, avant de les défendre, de condamner non tel ou tel aspect de la politique israélienne mais le racisme congénital d’Israël. »

Pascal Boniface sans tabou

Pour clore ce dossier, Rachid Benzine nous livre un point de vue théologique de haute volée sur les interprétations judéophobes du Coran. En appelant à une lecture historique et critique des textes sacrés musulmans, l’islamologue reconnaît l’immobilisme des gardiens de la doctrine sunnite. Tout en rappelant les très riches heures de l’histoire judéo-arabe et en se réjouissant de la réaction mi-figue mi-raisin des imams de France.

La parole est à Pascal Boniface, auteur d’un essai au titre fracassant : Antisémite. Le géopoliticien s’est fait honnir d’une partie des Juifs de France par ses vives critiques du gouvernement israélien et une note interne au Parti socialiste (2001) que d’aucuns ont interprété comme un appel du pied électoraliste aux banlieues. Dans un entretien sans tabou, il nous donne sa version des faits.

Londres, Pékin, Berlin: la vadrouille de Causeur

Pour alimenter la rubrique actualités, j’ai eu l’honneur de rencontrer l’essayiste Douglas Murray à Londres. L’auteur de L’Etrange suicide de l’Europe (L’Artilleur, 2018) est aussi peu en cour auprès des partisans de l’immigrationnisme multicultu que des xénophobes fanatiques. En le lisant, vous comprendrez pourquoi et apprendrez les mille et un scoops qu’il a rapportés de ses pérégrinations à travers l’Europe, notamment en dialoguant avec des migrants.

Autre grand voyageur: l’ex-ambassadeur de France à Pékin et Berlin, Claude Martin. Luc Rosenzweig l’a rencontré et vous fait partager la substantifique moelle de leurs échanges. De la Révolution culturelle au décollage économique de la Chine en passant par la pétrification de l’Europe, le diplomate en a vues des gardes rouges et des pas mûres…

Quoi Mabille, qu’est-ce qu’elle a ma bille ?

Sans transition, notre reporter de choc Erwan Seznec a longuement enquêté au sein des syndicats atteints par l’entrisme islamiste, auxquels ils résistent malaisément, lorsqu’ils ne financement pas carrément la construction d’une mosquée.

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Notre chapitre culturel est si riche que je me bornerai à en citer deux pans. Outre des anecdotes sur le regretté Thierry Le Luron, l’entretien que l’humoriste Bernard Mabille a accordé à Patrick Mandon contient de piquantes saillies contre les comiques sermonneurs et les acteurs engagés. Et notre journaliste gastronomique Emmanuel Tresmontant a rencontré le critique allemand Jörg Zipprick, en croisade contre le poison de la cuisine moléculaire. A table !

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