Le Festival de Cannes, c’est comme le vin : il y a les grandes années, et celles qu’on préfère oublier pour cause de piquette. Les six dernières éditions nous avaient offert des sommets de cinéphilie, du petit-déjeuner au souper, de la première projection de presse, à 8h30, dans la vaste salle Lumière, à la dernière, à 22h30, dans l’intimiste salle Bazin. Cannes plongeait alors les critiques venus du monde entier dans des abîmes de réflexion, de sensations fortes et subtiles. Nous sortions éblouis, et pas seulement par le soleil de la Croisette. Douze jours de festival s’apparentaient à un marathon, de crête en crête, d’émotion en indignation, et d’effarement en admiration. Ce concentré de vie, de talent, de découverte nourrissait le reste de notre année cinématographique. On avait fini par s’habituer à ce que chaque année, la barre soit placée un peu plus haut.
L’édition 2012 a détruit cette illusion.

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