Un taux de chômage proche des 80%, un revenu mensuel brut par habitant aux alentours de 57 dollars, une espérance de vie estimée à 56 ans… Bienvenue au Zimbabwe qui, selon les prévisions du journaliste de Libération Jean Quatremer, devait être l’avenir du Royaume-Uni si jamais ses citoyens osaient opter pour le Brexit. Mais il faut croire qu’il existe des phares de la pensée qui n’éclairent pas plus loin que leurs pieds. Car exactement deux mois après le référendum, l’apocalypse zimbabwéenne n’a pas eu lieu.

Ni l’ONU ni aucune ONG n’a dépêché sur place ses équipes. On nous avait pourtant vendu un scénario digne d’un film catastrophe, un quasi remake du film de Danny Boyle, 28 jours plus tard, décrivant le Royaume-Uni ravagé par un virus changeant en zombie ses hôtes humains.

A vous désespérer un survivaliste. Rien, aucune émeute, pas même un petit pillage de magasin. Pis encore, à en croire l’AFP, les ventes aux détails « ont nettement rebondi de 1,4% en juillet, bien plus que prévu par les analystes ». La baisse de la livre (tiens, tiens) a même favorisé la consommation des touristes européens. Si bien que « le chômage, nous dit un « expert »,  est historiquement bas ».

Alors bien sûr, la bourse a un peu fait le yoyo. Mais ça se saurait si la planète finance se comportait de façon totalement rationnelle.

Il y en est une, en revanche, qui a su se montrer très rationnelle. C’est Theresa May. Comme l’a expliqué à merveille ici même David Desgouilles, cette partisane du « remain » devenue Premier ministre a affirmé « sa volonté de redonner à son pays une politique industrielle », créant « une forme de Commissariat général au Plan ». C’est donc peut-être cela l’apocalypse tant redouté par Quatremer et consorts : un pays qui reprend politiquement et économiquement en main son destin !

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Manuel Moreau
est journaliste et syndicaliste.