Dans le paisible département du Morbihan, au cœur d’une des villes les plus sûres de France, Vannes abrite un petit quartier rongé par le trafic de drogue : Kercado. Pour casser ce ghetto déserté par la police, le président du conseil départemental appelle purement et simplement à le raser. reportage.


La devise républicaine Liberté-Égalité-Fraternité est toujours placardée au mur. Elle surplombe une porte murée par des parpaings. Les pelouses sont tondues, mais plus aucun élève n’en profite. Le collège Montaigne de Vannes a fermé en 2016. Prévu pour 700 collégiens, il n’en comptait plus que 150, la dernière année. Dans un département où le privé sous contrat représente 50 % de l’enseignement (record de France), les parents ne sont pas otages de la carte scolaire. Ils livrent difficilement leurs enfants comme petits soldats de la grande bataille de la mixité sociale. Montaigne a subi la fuite des cartables, entraînée par un gigantesque problème nommé Kercado.

La drogue, qu’on voit danser…

Carré de 800 mètres de côté, ce quartier de Vannes, dont la rue Montaigne est l’une des frontières, a connu une dérive stupéfiante, sans mauvais jeu de mots. Il se trouve à moins d’un kilomètre du cœur de la ville. Tout près, à l’ouest, s’étend Arradon, l’une des communes les plus chics et les plus chères du golfe du Morbihan. À Kercado, on sent la mer, littéralement.

On sent aussi la drogue. Au milieu des tours construites dans les années 1960 se niche un centre commercial décati. Le bar restaurant La C

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Causeur #57 - Mai 2018

Article extrait du Magazine Causeur

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