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Boomers: Julien Bayou (EELV) démarre sa campagne avec un gros couac

EELV a les boomers dans le viseur. Mais pas que.

Boomers: Julien Bayou (EELV) démarre sa campagne avec un gros couac
Julien Bayou, Bretigny sur Orge, 22 avril 2021 © ISA HARSIN/SIPA Numéro de reportage : 01015479_000069

Les Verts n’en sont certes pas à leur coup d’essai en termes de polémiques stupides! Leur dernier exploit en date? La campagne d’affichage discriminante pour les régionales. Tête de liste en Ile-de-France, Julien Bayou s’en est excusé.


Une campagne d’EELV destinée à mobiliser les jeunes pour les élections régionales a fait grand bruit cette semaine. La légende en est : « Les boomers, eux, iront voter ! ». Ce qui signifie évidemment « Bougez-vous, vous les jeunes ! »

L’image n’est pas dégradante. On y voit des retraités heureux et en pleine forme. Mais pourtant, cette affiche a suscité une indignation générale contre cette nouvelle discrimination, cette stigmatisation des personnes âgées. C’est de l’âgisme, dit-on !

Tous victimes

Le pire service qu’on pourrait rendre aux personnes âgées – il ne faut pas dire vieux – ce serait d’en faire le nouveau groupe discriminé ou offensé, de les traiter elles aussi comme des victimes dont il ne faudrait parler qu’en termes choisis… S’il y a bien une classe d’âge que les sondeurs scrutent attentivement c’est pourtant elles : même si elles ne votent pas en bloc, elles seraient la clé de l’élection présidentielle. Et il est vrai que cette classe d’âge n’a pas les mêmes intérêts que les jeunes. C’était là le message des Verts.

Cependant, là où l’affiche est contestable c’est que le mot « boomer » a une connotation idéologique, et bien sûr négative. Le boomer, c’est le baby-boomer, le jouisseur. « Vous avez saccagé la planète » reprochent les jeunes fans de Greta Thunberg. Lorsque la Suédoise à couettes nous sermonnait à l’ONU, tout le monde applaudissait. Mais chez les Verts, cette détestation du boomer est devenue une grille de lecture du monde : le boomer, c’est le macho, le pollueur, le monde d’avant dont il faut faire table rase. Pour ce parti, ce sont des résidus de l’histoire. Julien Bayou a finalement retiré la campagne, et s’est excusé pour cette affiche.

Ce n’est pas parce qu’il a changé d’idéologie, mais plutôt parce qu’il a eu peur que le « bad buzz » devienne incontrôlable.

Même à gauche, cette initiative a gêné. La tête de liste PS Audrey Pulvar n’a pas non plus apprécié l’affiche sur les boomers, elle s’est étonnée “qu’on désigne une catégorie de population” ainsi. “Je ne connais pas un seul grand-parent boomer qui ne s’inquiète pas du sort des générations futures” a-t-elle déclaré. Le baiser du diable.

Julien Bayou n’a pas regretté les autres affiches de cette campagne. En somme, chez EELV, le mal a trois visages : Eric Zemmour, Alain Finkielkraut et Gérald Darmanin. Pas besoin d’expliquer, c’est une évidence. C’est la minute de la haine.

Et là, curieusement, personne ou pas grand monde n’a tiqué, parce que s’en prendre aux anciens c’est très grave, mais désigner nommément trois personnes à la vindicte populaire, ça, pas de problème…

« Les fachos, eux, ont prévu d’aller voter ». Faut-il le traduire par : « soit vous votez écolo, soit vous êtes un facho » ?

Quoi qu’il en soit, c’est une très mauvaise séquence pour Julien Bayou. En communication politique, qui s’excuse s’accuse. Et même si on a la fibre écolo ou une sensibilité politique favorable pour ce parti, il n’est jamais plaisant de se rendre aux urnes pour y donner son suffrage à une tête de liste qui fait de telles erreurs.


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