Vendredi 14 décembre 2012 en fin d’après-midi, branle-bas de combat médiatique ! Les chaînes d’info en continu se déchaînent : « Fusillade dans une école du Connecticut !  Plusieurs morts, dont des enfants de 5 à 7 ans ! Restez avec nous ! » (pendant la pub).

Pour les professionnels du breaking news, ce massacre est une divine surprise : « Une tuerie ! », comme disent les jeunes. C’est dans des moments comme ça, d’émotion, de suspense ou de scandale, que les chaînes de l’immédiat en continu peuvent enfin donner toute leur mesure. « Interruption de nos programmes », « émissions spéciales » et décuplement de l’audience ! Nombreux sont les téléspectateurs qui délaissent leurs programmes habituels pour « vivre en direct l’événement avec nous ».

À chaque fois, entre les chaînes spécialisées, c’est la guerre totale pour attirer, dans chaque foyer, le « responsable des achats » (ex-« ménagère de moins de 50 ans »). Et force est de reconnaître que, ces derniers temps, les occasions se sont multipliées.

En mars 2011, le Japon crée l’événement avec son « séisme », devenu « tsunami » avant de trouver son appellation définitive de « catastrophe nucléaire de Fukushima ». N’empêche ! Malgré son titre vendeur, ce troisième épisode rend nettement moins bien à l’écran que le raz-de-marée géant du deuxième.

Deux mois plus tard éclate le scandale DSK. Pas de mort, cette fois, mais mieux encore : du sexe, du pouvoir, du pognon – et la justice américaine en action, comme dans les séries mais en vrai ! Huit jours d’info-spectacle non-stop, de la « perp walk » menottée à la maison de TriBeCa en passant par la prison de Rikers Island. J’étais le premier scotché devant mon écran, incrédule… Foutre en l’air sa carrière et sa vie comme ça, sur un coup de queue, quand on peut avoir tout ce qu’on veut dans ce domaine sur un simple coup de fil… Non seulement c’est fou, mais c’est punk !

En mars 2012, rebelote avec l’affaire Mohamed Merah : à l’affiche, cette fois, du sang et de la terreur. Trois légionnaires assassinés, massacre d’enfants dans une école juive et chasse au mystérieux « tueur en scooter », dont on ignore même le mobile (sauf apparemment la DCRI) : « raciste d’extrême droite » ? Non, finalement, « terroriste islamiste ».

*Photo : Ede.

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Basile de Koch
est chroniqueur des nuits parisiennes à "Voici" et du Basile de Koch est chroniqueur des nuits parisiennes à "Voici" et du PAF à "Valeurs actuelles". Il est aussi essayiste à 16h.