Gros émoi en Belgique à la suite des révélations des journaux annonçant que de jeunes garçons issus de l’immigration sont partis combattre en Syrie. Incroyable ! La libre circulation des personnes et des biens inclurait donc aussi celle des combattants de Dieu ? On a connu des scoops plus surprenants…
La plupart de ces jeunes candidats au jihad sont originaires du nord du pays, de Flandre ou de Bruxelles. On parle d’un jeune de 17 ans, originaire de la petite ville de Vilvorde près de Bruxelles. Il s’est fait abattre comme un gibier par un sniper après deux petites semaines de présence en Syrie. Et les bonnes consciences de s’interroger : quelles sont les motivations de ces jeunes combattants ? Inutile de préciser qu’il ne s’agit pas d’aller porter la bonne parole de la démocratie face à la dictature d’Assad mais de tenter d’installer un régime islamiste à Damas. Si l’étonnement qui a suivi ces révélations n’était pas feint, il faut reconnaître que les autorités du royaume pèchent au mieux par naïveté et au pire par aveuglement.
La ministre de l’intérieur, pourtant grande adepte du multiculturalisme, a tapé du poing sur la table afin que les compagnies aériennes contrôlent mieux les jeunes qui s’offrent des petites vacances au Moyen-Orient. Il faut dire qu’un reportage de la télévision publique a fait du bruit. Une équipe de journalistes a suivi deux mineurs de 14 et 16 ans qui se sont envolés vers la Turquie après avoir passé, sans l’ombre d’une difficulté, les contrôles de sécurité. Destination fétiche des agences de voyages vendeuses de soleil à bas coût, la Turquie ne constitue bien sûr qu’une étape sur le chemin de la Syrie. Selon les autorités, il s’agit désormais de vérifier si ces jeunes gens possèdent une autorisation parentale pour effectuer le voyage. Piquées au vif, les compagnies aériennes rétorquent qu’elles n’ont pas à remplir le rôle de la police. De là à imposer un contrôle systématique à tous les Belges, la décision est difficile à prendre. On imagine difficilement l’instauration aux frontières d’un contrôle au faciès ou au prénom susceptible de pousser au suicide au nom de Dieu.
Depuis ces révélations, la presse s’est enflammée, comme si elle découvrait que les prêches de certains imams pouvaient être teintés de haine et d’appels à la guerre sainte. Qui parlait de naïveté ? Chacun disserte en vain sur une jeunesse en panne de repères, prête à aller se sacrifier pour un idéal exaltant, loin de nos trop rassurantes démocraties. Les experts se déchirent sur le nombre exacts de guerriers partis combattre de l’autre côté de la Méditerranée. Les chiffres oscillent entre plusieurs dizaines et… quatre ! De son côté, la ministre a avancé le nombre de mille combattants européens sur le sol syrien. Un imam affirme que douze belges ont déjà été tués dans cette sale guerre. Compte tenu de sa superficie, la Belgique figurerait en première ligne parmi les pourvoyeurs de chair à canon du désert. Même si elle s’avère tardive, l’émotion ressemble quand même à un début de prise de conscience. On commence à découvrir l’existence d’une jeunesse en voie de radicalisation, non seulement par l’intermédiaire de sermons enfiévrés mais aussi à travers les télévisions satellitaires et Internet. Pour autant, le réveil risque d’être de courte durée. Après l’échauffement médiatique, une large frange de la classe politique a appelé au calme pour éviter toute dramatisation de la situation. Mais pourquoi ne pas plutôt crever l’abcès et tenter d’apporter des solutions de fond à un problème qui n’en est, de toute évidence, qu’à ses prémices ?

*Photo : BriYYZ.

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